CHAPITRE VIU
r li^s vivres dirigés sur Naples et de réduire cette ville par la famine. Il D'en ferait le siège que dans le cas où elle aurait la velléité de se défendre (1).
Les progrès (fa Lautrec avaient causé aur Romains une joie proronde, car ils se croyaient sur te poînl d'être débarrassés des Impériaux, Mais ils étaient bientôt avertis que leur déport n aurait pas Heu avant une quinzaine au moins (S), Du G&ftftt, attendu depuis plusieurs jours avec de l'argent, — et l'argent plus encore que lui, — n'était pas arrivé. Le bruit que le pape, sollicité par Lautrec de se rallier à la li^ue, voulait aller à Ancône, persistait, malgré l'assurance donnée par Campeggio qu'il n'en était rien et que les HÙ ducats seraient payés (3;- Aucune décision ne pouvait d'ailleurs être prise tant que le prince ne serait pas de retour. Celui-ci avait fait savoir, par les capitaines allemands qui lavaient accompagné à Naples et rentraient a Home» que les troupes recevraient une double solde et que deux autres leur seraient distribua«s à un mois d'intervalle (4). Il est à peine besoin de dire que dernière nouvelle fut bien accueillie. « Edos Âiemanoii stUm erit Ferez (8). Cependant le cardinal Colonna était partisan de l'évacuation immédiat*1; il n'ignorait pas que François I" avait résolu de consacrer à la continuation de la guerre les deux millions d'écus réclamés par Charles-Quint pour la rançon de ses fils et avait donné à Lautrec Tordre de poursuivre vigoureusement marche vers Naples, Il s'agissait d'arrêter ses mouvements. Sur conseil, Morone et Jean d'Urbina prévinrent les troupes d'avoir & être prêtes à tout événement (6).
Le* Impériaux, de leur coté, ne demeuraient pas inactils DeNaples on expédiait par mer des canons de campagne et des provisions de vin qui durent être à llome le 5 ou le fi février (1)> Charles-Quint s'était, non sans peine, procuré en Espagne 400,000 ducats,
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(1) Joumat if un Mtrittore, p. 24, 87, 28 et 29 . p, 25, Itr&fl de l'ère* h l'empereur, dee 3 et S février, dans Villa» p. 373; dans Gatakgos, p. »08 et îiftL
dAOi Villa, p. 374 et 37S: duos Gatàngos, p+ 582
f6) Journal d'un ëtrittur?. p. 27; lettre de Perez à l'empereur, du S février, dm* Villa, p. 374 et 375; dans <my*ngo», p. 581 et 582. (7) Journal tfu» icrUtore^ p 26,
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dont 200,000 pour faire de nouvelles levées en Allemagne et le reste pour en faire en Italie. Au fur et à mesure des enrôlements, les recrues étaient dirigées sur l'armée (1).
L'attente de l'argent, si souvent promis, poussa une fois de plus les Allemands aux pires excès. Le 6 février, à la suite d'une réunion où il fut décidé que les fantassins auraient chacun deux soldes, ils témoignèrent leur mécontentement en disant qu'ils en voulaient quatre ; sinon ils partiraient pour Naples. Us convinrent de se rassembler encore dans trois jours, parce qu'on leur apprit que le prince, du Guast et Moncade seraient à Rome le surlendemain. Des troupes venaient même d'être envoyées à leur rencontre, afin d'escorter les sommes qu'ils apportaient (2). Ils n'allèrent pas moins, au nombre de 1,500, à Frascati pour faire du butin. Us firent main basse sur tout ce qu'ils trouvèrent, mais ils furent obligés par leurs chefs de restituer au cardinal Colonna ce qu'ils lui avaient pris. L'indignation de celui-ci fut grande quand il sut que les Italiens de Maramaldo avaient saccagé les maisons, les églises et les monastères de Palestrina qui faisait également partie du domaine de sa famille (3).
Avant de quitter Naples, le 6 février, pour regagner Rome, Philibert rendit compte à l'empereur des motifs qui l'avaient forcé à entreprendre ce voyage en un moment où sa présence à l'armée eût été si utile et des résultats de ce voyage. Les motifs, c'était l'impérieuse nécessité de se procurer de l'argent, n'importe comment, au risque de voir les Allemands déserter en masse et passera l'ennemi. Les résultats n'étaient pas brillants : 50,000 ducats et l'espérance de 20,000 autres qui seraient remis au légat du pape par Antoine de San Severino pour son chapeau de cardinal. Avec cette somme, il serait payé deux des soldes arriérées; les autres seraient versées dans un et deux mois. Si l'armée le désirait, trois des villes du royaume de Naples qui appartenaient au pape lui seraient livrées en garantie, * veu que a vous et a eux il y a fally de promesse
(1) Journal d'un scrittore, p. 26.
(2) Ibid.
(3) Ibid., p. 33; lettre de Ferez à l'empereur, du 8 février, dans Villa, p. 376; dans Gayangos, p. 582; Schulz, p. 166.