‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 89 sur 239 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

escarmouches violentes; dans Tune, Mario Colonna fat fait prisonnier. Soq ourle, le cardinal, le racheta pour 1,000 écus (1). Les Français, constamment rein niés dans leur marche et embarrassés par leur nombreux personnel, n'avançaient que de deur lieues par jour à peine. Ils parvinrent seulement le lendemain, après un trajet de cinq milles, au bas de la montagne sur laquelle le prince retranché, Le 14, ils voulurent le contraindre a faire une sortie Mais comme il n'avait pas reçu l'artillerie ni le renfort de 300 hommes qu'il avait demandés a Moncade, il ne se montra pas, bien que les Français errassent : Batat/fe, htaiiie! Seule, la cavahereha à arrêter leur mouvement: elle eut 300 hommes hors de combat, mais l'infanterie de Lautrec subit de sérieux domelle perdit plusieurs enseignes et guidons. |jj vain Laulrec, qui avait établi -e> CNLODl sur une hauteur >>n foefl de celle qu occupait Philibert, chercha- t-il à déloger celui-ci de ses positions* Ses projectiles n'avaient pas une portée suflisantL*; il brilla iuulïtemnil sa pondre (8), Il se contenta de livrer encore quelques Bngag&mentS) sans résultat appréciable. ni peu de décision, il eut pu remporter un grand succès et |KuHHre. d'un coup, terminer la campagne; il préféra temporiser. A ceux rie B€fi capitaines qui lui en exprimaient le regret-, il réparaft-il ; * Je ne pouvois donner la bataille sans perte de uf» de gens de bien, mais je les auray la corde au col. » Ces lenteurs devaient lui être fatales.

Persuadé quil était le maître de la situation, il attendit, pennt sept jours, l'occasion de réparer sa faute ; elle ne se présenta letle expectative fut même marquée par un événement tra-

\tomot p. 35; tiurcuAKiny, L XVIIMoL 3S5 v*; lettre de Philibert al'ern- Ju 20 mars; Pièces justificative, n* 93: Archives du royaume à Documenta historique*, IV. fol, 123; Lamï, Corrapondenz dti Km* i Kart F, l. U p- ÊG3-SG4, n° 10fl,

(regorîo Rosso, l'auteur d'une Hi 1 1 n r la délie ro t? di Na poli * otto l'hnp crio

ttaW anno Î5£iï p*r imino atl* anno Î537, itritta per modo

intatf, p, !*, considère cette tentative comme uni Tfatofos, — Rosso

#tail notaire ;i Ntpjea, et il fut plusieurs fois élu membre du Conseil (k attte

ville Maigre de* erreurs, non récit doit être considéré comme aussi exact que

JtettîM ni loi dates données par Lui ont besoin d'être contrôlées.

me que la plupart de* antoi écrivains italiens, Roeso est très hostile

à Philibert et au parti impérial. — Il existe une copie de cette histoire k la

iliothèque d'Àrras, dans le fonds V, àdvielle, ms 1071 (153}, du du-t*ep-

ele.

gique. Une tourmente épouvantable s'abattit sur le camp français. Les tentes furent renversées par le vent; les troupes furent sans abri, et, comme la température était très rigoureuse, nombre d'bommes moururent de froid (i). C'est, dit-on, vers ce temps que les Français apprirent la réduction à 60,000 écus de leur solde mensuelle fixée d'abord à 130,000. Cette mesure n'était pas faite pour les encourager (2).

A Rome, où le retour du pape était subordonné aux résultats de la campagne, on se préoccupait beaucoup des opérations militaires. Si j'en juge par le Journal d'un scrittore, qui maintenant était renseigné plutôt mal que bien, on attribuait à Lautrec d'imaginaires victoires. C'est ainsi qu'il y est parlé notamment de 2,000 morts ou prisonniers allemands du côté des Impériaux et de plusieurs échecs si sanglants de ceux-ci qu'il est question d'élever au Capitole une statue à Lautrec. Le seul bruit qui se rapproche de la réalité est relatif à la canonnade dont il vient d'être fait mention (3). L'excuse du rédacteur de ces notes fantaisistes est qu'il était trop loin du théâtre de la guerre pour savoir ce qui s'y passait.

A défaut de combats sérieux, il y eut, pendant la semaine suivante, entre les deux partis, plusieurs escarmouches sans importance. Elles étaient le plus souvent provoquées par la cavalerie française. Un capitaine de chevau-légers, Teia ou Tello d'Aguilar, fut tué dans lune d'elles, et Campeggio, enseigne de Fernaod de Gonzague, fait prisonnier (4>. Les Espagnols tâchaient surtout de couper les vivres à l'ennemi et, pour l'amuser, feignaient de vouloir attaquer la ville de San Severo dépourvue de défense (5).

Mais les chefs des Impériaux délibéraient, car pour eux il s'agissait, à tout prix et avant l'arrivée des bandes noires, ainsi nommées à cause de la couleur de leurs enseignes, qui, sous la conduite d'Horace Haglioni. venaient grossir les troupes françaises, de sortir d'une impasse où ils ne tarderaient pas à trouver la défaite (6).

(1) Santoro, p. 34; La Pise, p. 167.

(2) Santoro, p. 36.

(3) Journal d'un tcritlore, p. 41-45.

(4) Santoro, p. 27.

(;i) Id., ibid.

(6) Lettre <le Philibert à l'empereur, du 20 mars; Pièce» |~

Les avis étaient partagés. Selon Santoroff). Philibert était partisan «Tune action vigoureuse contre les Français taudis que du CuasL qui. malgré ses anciennes protestation^ d'obéissance, le contrecarrait constamment (S), Fernand de Gonxague et Jean ri'tîrbina omettaient lTopinion que l'armée devait se diriger sur Nnples uii, >u La Pïae ( l)j c'est le prince qui aurait recommandé cette der- \larcon l'aurait appuyée comme étant de bcmicôap la plus *%get l'offensive n'étant pas possible.

Dam t intervalle, Lautrec avait installé son artillerie sur des positions doù il lui était pins facile de battre celles des Impériaux, Le 19, Philibert mit ses troupes en sûreté derrière les H part de Troia*

Craignant dY-ire assiégé, il décida, avec ses principaux capital m-, que la levée du camp aurait lieu dans la nuit du samedi SI, Afin Ht pai donner |v ennemi, les plus grandes précautions

turent prises. Les clochettes de? mulets, qui auraient pu trahir les motiTemeaU des troupes», furent placées dans des coffres; pas de le trompettes, pas de bruits rie tambours, le plus complet Bitooce dans les rang! : tel était le mot d'ordre. Un brouillard

lia l'étendat! sur toute la région. C'est dans ces conditions que se fil te départ \ travers bois. Sergiano Caracciolo, prince de !i (5), tTte BOn étendard, ses gens d'armes, deux nmi|iagntaa d'Espagnols et quatre d'Italiens, se dirigea vers la ville de ce nom. afin d'arrêter les Français s'ils s'y présentaient ou d v attendre le passage des Impériaux, Le gros de l'armée, bagages mina vers Naples ; l'infanterie marchait en tête; la

cavalerie formait l'arrière-garde. Le 21. tirant du côté de la mon-

. ne de Crepaeore, elle s'engagea dans les défilés de la vallée de

■es du royaumi h Bruf-Llef. Documents historiques. IV* fol. If3; \,\\tr Cûrrftpamtfttz àtt Kûiêtri Karl Y% t. I, p, 3t>3-£61, n" 106.

■■ne, L IV, 1 \\M, ; ♦ dit que du Guaat bo voyait avec regret

Dtunio INrkimo, Teatro vroico * jtatittto de *jo< tjtùti ... X 1. U> IV 1*7 — Qmauum*t dit que du Guaat était d'.ms

f tiii d'un scriLim-at contrai»; il o'eat pa» quo»t

IC de Melfl. Alphonse

Bénévent, harcelée par la cavalerie légère de Lautrec qui s'était lancée à sa poursuite, mais sans lui infliger d'échecs graves. Le même jour, elle atteignit Ariano (1 ).

Cette ville avait pour seigneur Alberic Caraffa, partisan des Français et tout à fait hostile aux Impériaux. Ses vassaux étaient animés de dispositions analogues. Aussi les Espagnols s'en vengèrent-ils en la saccageant. Philibert y séjourna jusqu'au 24(2).

Lautrec, qui n'avait plus de raisons de s'immobiliser devant Troia, leva son camp. Mais, ne tenant pas compte de l'avis de ses lieutenants qui lui conseillaient d'attaquer vigoureusement, avec toute son armée, le prince d'Orange hors d'état de lui résister, il s'obstina à vouloir exécuter son plan : faire en détail la conquête du royaume de Naples. Il établit son quartier à la Lionesse, sur les bords de l'Ofanto. Le 22 mars, il avait donné l'ordre à Pierre Navarro de partir pour Melfi avec de l'artillerie, ses Gascons, ses Basques, des Toscans, de la cavalerie, et de s'en emparer (3).

Le 24, les Impériaux quittèrent Ariano. A la Tripalda, à vingtcinq milles de Naples, Philibert fit sa jonction avec Moncade, Fernand de San Severino, prince de Salerne, et Maramaldo. Ils lui amenaient enfin les 3,000 hommes et l'artillerie, — douze canons (4). — qu'il attendait depuis si longtemps, qu'il avait réclamés avec tant d'insistance. Là, l'armée se divisa. Le prince conservait le commandement des Allemands, Fernand de Gonzague celui de la cavalerie légère, et du (iuast restait à la tête des Espagnols. Le 26 et le 27, Philibert était à Apice: le 28, à Bénévent; le 29 et le 30, à Montesarchio; le 30 et le 31, à l'abbaye d'Arienzo (5).

1 Brantôme, t. VII. p. 272-273. éd. Lalanne. considère comme « belle > et « louable » cette retraite, dans laquelle « il ût la leçon à ce grand capitaine* (LautreCy.

(2; Journal, dans Clerc, p. 70; Rosso, p. 14; Santoro, p. 38; Gcicharmk, 1. XVIII. fol. 326. D'après le Journal. Philibert fit, le 23, donner sur sa cassette 20 éc-us à un pri>onnier français, nommé de Villeneuve, qui, blessé, dot demeurer à Ariano.

(3 Kosso, p 14; Giannone, t. IV, 1. XXXI. p. 34; GuicejuuMH, L XTO, fol. 326.

(4) Dix canons seulement, selon Giannone. t. IV, I. XXXI» tt» 9g£.ft fe*charf,in, 1 XVIII, fol. 326 v. -*^ft--.fc--j.

(5) Journal, dans Clerc, p. 70. — Pour Montesarchio* l aux Siennois, du 29 mars. Pièces justificatives, BP Sienne, lettres à la « balia -, original signé, du 30. Pièces justificatives, n" 95; Archives in

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