CHAPITRE IX
> loigner de Montesarcbio, te 30, le prince écrivit k Charles-Quint pour lui frùre connaître les détails de su retraite de Troia. Ce qui lavait motif* il te retard apporté dans I expé-
dition de l'artillerie, l'arrivée prochaine d'Horace Bagliûni acvec 4.1WMI hommes d'infanterie et de la cavalerie, celle du duc d'ITrbin
fantassins et UM) geni d'armée, l'alternative pour
6e M ^ mourir de faim ou d'être vaincue |iar un ennemi trop supérieur or» nombre* La retraite t'était heureusement opérée
* par devant eulx en beaul plain jour, et nous ont laissé aller sans fere nul gros effort, ains Beullemeat envoyèrent que] vaulx
la queue (I) ».
Il lui an* -si la pria* de HetB. Le population de cette olié
n'avait pas voulu se soumettra aux troupes que Sergiano Caracciolo lui conduisait pour la défendre, ainsi que Venosa et Mariette. Deux jours après, Pierre Navarro et If unir lui >m. arec quatre canons et quelques pièces d'artillerie légère, étaient venus pour l'attaquer. Ils bombardèrent d'abord la ville et lui donnèrent trois assauts qui furent repousses, Ils durent demander des ren* il leur fut envoyé douze canons et do 3 è 4,000 immines de secours, A un nouvel assaut, les habitants se mirent à crier : France f et, en même temps que les Français, ils fondirent sur les troupaa du prince <lr Melti: elles furent massacrées. Lut se retira m château; il y fut fait prisonnier avec M femme et iee Sis. Le carnage avait été effroyable: 3,0UO personnes, 7, (KM) selon d'autres, forent passées au tll de l'épée. Philibert dit que les Français
• tuarent tous les ^ens de guerre qu'estoyent avec luv *. Quant
u.cjuIo, il aurait fait prier te prince d'Orange de le racheter, mais celui-ci n'en fit rien, sans doute faute d argent, et non. Comme 1«* dit SanlorO (ï), par indifférence ou pai mépris pour ta Dation italienne, car, dans les circonstances rntiquesoù il se trouvait, tl ne pouvait dédaigner personne. Mais il obtint bientôt a liberté pour lui et les siens; il devint l'ami de Lautrec, qui lui confia un commandement dans son armée ; il fit hommage à la
I. Archive» du rûy&uoii i Bruxi'Hea, PAptefs d'État, reg. U. fol, lâf,
fol, 3*tK
482 PHILIBERT DE GHALON
couronne de France et reçut le collier de Tordre de Saint-Michel^).
Ce qui avait surtout déterminé Philibert à suivre le chemin qui a été indiqué, c'était la nécessité de barrer la route i l'armée française et de se ravitailler. Il reconnut bientôt qu'il lui serait impossible « de vivre deux jours •, car, ainsi qu'il l'écrivait avec sa franchise ordinaire, < ce sont deux choses bien contreres que de vivre a discrétion et sans payer, comme nous avons fait jusques a ores, et de loger en campaigne • . Leurré tant de fois au sujet de l'argent si souvent promis et jamais envoyé, il n'osait plus compter sur les promesses de l'empereur, qui, par une sorte de dérision arrière, l'avait invité à venir pécuniairement en aide à Antoine de Leyva (2) ! Son seul espoir reposait maintenant sur les secours qu'il avait demandés à Ferdinand, roi de Hongrie (3).
< Tout ce pays, ajoutait le prince dans la même lettre, tout ce pays est meilleur françois que je ne suis bon chrestien (4). • Et c'était vrai. Il suffisait aux troupes de Lautrec de se montrer pour que les portes des villes s'ouvrissent devant elles. Ce fut d'abord Venosa qui se rendit à Navarro, bien que la Rocca di Venosa fût occupée par une garnison espagnole (5); puis Canossa, Andria. Montepeloso, Tricarico, Matera, Altamura, Barletta, la Palude, la Sala et Vallo di Diano. D'un autre côté, c'étaient Ascoli, Trani. Monopoli, etc. (6). Seule avec Tarente, Manfredonia, défendue par 4,000 fantassins, avait bien accueilli les Impériaux (7). Partout ailleurs ils étaient obligés de recourir à la force. A Avellino, à Montefusco, à Lauria, à Nola. ils saccagèrent tout sur leur passage. 11 leur fallait se nourrir d'abord, affamer l'ennemi ensuite et. puisque Charles-Quint ne songeait pas à eux, se procurer de l'argent par n'importe quel moyen. A Nola, les Espagnols, réclamant
(1) Santoro, p. 43; Rosso. p. 22. — Cf. lettre de Perez à l'empereur, du 25 mai, dans Gayangos, p. 693.
(2) Lettre de l'empereur à Philibert, du 20 février; Pièces justificatives. n° 91 ; Archives impériales à Vienne, P A 95, minute ; Archives du royaume a Bruxelles, Papiers d'Ktat. reg. 84, fol. 116, copie.
(3) Lettre de Philibert à l'empereur, du 30 mars ; Pièces justificatives, n* 95.
(4) Id., ibid.
(;i) Santoro, p. 43; La Pise, p. 168.
(t\) Rosso, p. 15; Santoro, p. 43; Guchardin, 1. XVIII, fol. 326 v°; Giakxoxi, t. IV. I. XXXI, p. 34.
(7) Santoro, p. 43; La Pise, p. 168.