‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 92 sur 239 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

L'armée impériale à Naplcs. — Elle est suivie de prés par Laotrec. — Bataille navale, dite de Salerne, gagnée par Philippin Doria sur la flotte impériale. — Mort du vice-roi Moncade.

L'approche des Impériaux avait inspiré une véritable terreur aux Napolitains. Quelques-uns des plus riches d'entre eux s'étaient réfugiés dans les lies ou les localités voisines (i). Les sentiments des habitants étaient plutôt favorables à Charles-Quint, mais ils étaient nettement hostiles à Moncade et à Alarcon, que Santoro a dépeints comme des hommes sanguinaires, cruels, sans pitié, à qui il était indifférent que la ville fût saccagée et livrée au carnage, pourvu qu'elle fût conservée à l'empereur (2). Il suffisait d'une occasion pour que cette population au tempérament ardent, composée d'éléments appartenant à toutes* les factions qui se disputaient la prépondérance, par suite versatile et prête à se donner au plus fort, se portût à tous les excès ; un rien, une imprudence commise par un reître ou un lansquenet pouvait la faire naître (3).

Aussi la perplexité était-elle grande parmi les chefs de Tannée. 11 fut d'abord résolu qu'elle se tiendrait aux environs de la ville, où elle était assurée d'avoir, pour deux mois au moins, des provisions en blé, en vin et en fourrages, et où, en cas d'attaque, elle saurait avec avantage soutenir le choc des Français. Le camp fut établi à Poggio lteale (4). Du Guast était d'avis qu'il fallait s'y maintenir. Moncade, Philibert, Alarcon, Fernand de Gonzague et

(l)Rosso, p. i8; GticiiAHDiN, 1. XVIII. fol. 328.

(2) Santoiio, p. 39.

(3) Lutin; de Philibert à l'empereur, du 30 avril; Pièces justificatives, n# M; Archives impériales à Vienne, P A 95, original; Santoro, p. 39.

(i)Ibid.; lettre du comte de Maddalone à l'empereur, du 20 avril, d&os Gayangos, p. M4 ; lettre de Philibert aux Siennois, du 10 avril, datée de Poggio Reale; Pièces justificatives, n° 96; Archives de l'État a Sienne, lettres i la « balia », original signé.

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