CHANTRE X
d'autres capitaines pensèrent qu'il serait préférable d'entrer dan» la ville, pour contenir les habitante et la mettre en état de résister. La montagne (te San Martïno el SanCKrmo seraient fortifiés, et dix-sept compagnies d'infanterie, avec du canon, seraient chargées, sous le commandement de ilu Quart, de garder ces positions (I ).
Le reste de l'armée, formant encore près de 10,000 hommes, fut donc réparti dans la ville. à la grand' tiofl dee troupes qui
allaient enfin se dédommager des privations de leur Campagne ée six f I, L'abondance revint pour elles. G race à la dili-
gence de Morose, a qui avait été confié le service des vivres, il fut fait des approvisionnements assez considérables tirés de la région. m réquisitions ne se faisaient pas toujours sans violence ; non vent les convoyeurs furent obligés d'abandonner à Naples leurs bcBoft et autres betes de trait (î). Comme il s'agteaall avaal t<mi d'empêcher tes Français de se ravitailler, les environs furent cuiiipMe nient razziés.
- £,000 chevaux et son armée alourdie par la quantité innombrable de non-combattants qui la suivaient, Lautrec n'avançait qu'avec une extrême lenteur. Il dut plus d+une fois se repentir n'avoir pas écouté les sages conseils du comte de Vaudémonl, de Valerio Orsini et de Suy Rangone. partisan- dune action immë- 1 énergique contre les Impériaux, mais il était trop tard* Députa l.i prisede .Melfi, il avait été rejoint par Navarro, qui avait sinon l'inspirateur de M tactique, mais qui partageait les mêmes idées. îl avait aussi essayé de rallier le pape à sa cause. ruenl VII, dans la crainte d'attirer sur sa UUr de nouveaux malheur*» avait refusé.
Aprèfl avoir laissé danfl la Touille, sous le commandement d'Êloî délia Marra. 50 hommes d'armes, 200 chevau-légers et 2^000 fantassins* il était arrivé* le 3 avril, à petites journées, a la [locca Menarda, puis, entré dans la terre de Labour, il avait, à Arpaia, i li aoumitiioD de Teauo» de Sessa.de (iaiazzo. de Maddalone,
(I) Lettre dV Philibert à l'empereur, «lu 90 avril; lettre de Pères à l'empereur, dti i h ! d,ms Gatajigos, p. 671; Rosso, p. 16; Sahtoiio, p, 39; Cuit- XX XI, p. 38,
no, p, *0,
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d'Arienzo et de Ca6erte, qui avaient envoyé des députés pour lui remettre les clefs de leurs villes. Santoro était parmi eux. Il nous a donné le portrait de Lautrec qu'il vit dans sa tente. Il avait, ditil, l'aspect grave, la taille élevée et bien proportionnée, les yeux bleus, le front large, la barbe noire, un peu longue, de grandes moustaches et quelques balafres au visage. Il parlait bien l'italien. Il paraissait avoir quarante-trois ans, et il grisonnait déjà (1).
Comme, en dépit des fautes commises, toutes les probabilités de succès étaient pour Lautrec, une partie de la noblesse du sud de l'Italie se prononça pour lui, le reste prêt i en faire autant. Le duc d'Atri mit à sa disposition Fernand Gambacorti, qui vint le rejoindre à Acerra avec une compagnie de gentilshommes, ses vassaux. Lautrec avait installé son camp dans l'abbaye. Il y passa sept jours pour s'y ravitailler (2). Le 47, il était à Cairano, à huit milles de Naples. Ce jour-là, des chevau-légers de Philibert, commandés par Fernand de Gonzague, firent une sortie, enlevèrent à l'ennemi quantité de vivres et lui firent un certain nombre de prisonniers (3).
Le 21, Lautrec arriva à Casoria, a trois milles de Naples; il y eut une escarmouche dans laquelle fut tué Milau, al. Migliau, officier de la chambre de l'empereur (4). Le 29, il n'en était plus qu'à un mille et demi. Le gros de l'armée était campé entre le mont San Martino et Poggio lteale; il s'étendait jusqu'à un demi-mille de Naples. Lautrec établit son quartier général en face de la porte de Capoue, dans une métairie de Fernand d'Aragon, duc de Montalto, qui depuis fut appelée Lautrecco. Il fit faire des retranchements et creuser des tranchées jusqu'à la mer et au pont de la Madalena: Martino et Rimonetto, avec des compagnies de Gascons, eurent mission de les garder. Navarro alla se poster, avec le reste
(1) Santoro. p. 46-47.
(2) Giichardin, 1. XVIII, fol 328.
(3j Santoro. p. 50; Guohardix, 1. XVIII, fol. 328 v° : La Pise, p. 168; Philiberti a Chalon. illustris Aurengiornm principis,rerum getlarum comment ariolus, Doininico Melgiitio (Melgua. médecin du prince) au tore, publié par Gilbert Cocsix, ». I. n. d., p. a 6.
(4) Pierre de Yeyre, aussi appelé ailleurs baron de Saint-Julien. Santobo (p. 57j dit que les Espagnols y lurent repoussés. Cette escarmouche eut lieu à Sant* Antonio. Cf. lettre de Perez a l'empereur, du 30 avril, dans Gayancos, p. 670; Gcichardin, 1. XVIII, fol. 328 v».