‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 97 sur 239 · CHAPITRE Xt · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xt

<qu'il avait accepté, sauf son agrément, et qu'il s'en rapportait pour cela aux promesses qu'il lui avait faites (1),

Ses instructions, du même jour, à Balancera, remises en double à Bernardin Alhornoa, étaient 11 confirmation de ce qu'il mandait ù l'empereur. Mlles renferment en plus quelques renseignements intéressants. L'armée avait encore des vivres jusqu'au milieu de juin au plus tard, mais la viande commençait déjà à manquer, et bientôt il faudrait manger les ehovaux <2l L'empereur était prié d'expédier immédiatement des renforts d'Esp d'écrire au roi de Hongrie de presser l'arrivée de ses Allemand! et d'inviter Antoine de Leyva à ne pas les employer dans le Milanais (S). De Q&êto, le comte de Maddalone réclamait d'urgence Tenvoî d'une flotte â opposer à celle d'André Doria (4). Le .!. une des galères qui emportait les lettres destinées à Clbarles- Ouint fut capturée par les Français (5). Elles furent communiquées par Alphonse de Mastronîcola à Jean-François délia Magna et à Ptosper délia Marra, qui en firent connaître le contenu (0), Il u>n fallut pas davantage pour rassurer les Français et les laisser s'endormir dans une trompeuse sécurité.

En arrivant près de Naples, L&utreti s'empressa d»j garantir les points le plus facilement vulnérables et par lesquels ses troupes pouvaient être attaquées. Il lit construire dans le marais de îa Madalena un fort dont la garde fut confiée à deux capitaines ies et qui fui pour cette raison appelé le fort des Basques, ro eu lit entreprendre un autre du côté du mont San Marti no. Par des sorties, Philibert essaya de l'en empêcher. Ses détachements subirent un échec, et le fort put être achevé. Il reçut l.i déiiominatinn de fort de Frauce OU de Gascogne, parce qu

était composée d'originaires de ces deux pays; ils étaient

{!) Mémo lettre de Philibert a l'empereur,

! de II batailk* navale, PI ulibert avait pris des mesurât. n« i ila tfaplii le* bouches inutiles. (G/tnciAiDix, I. XIX, loi . ;;

BaltiDeoo pour r#cnpcreur, du î"mai: Pièces .e*. o" luO, taclllvea impériales a Vienae* P A *J3, original,

, p. 75; La Pi&e. p. 171, te 7 mai* s*?lon Uuicii aum.n,

19tt PHILIBERT DE GHALON

sous les ordres du sieur de Burie et du baron de Gramont. Les premiers jours se passèrent en escarmouches. Tantôt c'étaient les forts qui harcelaient la ville (4); dans une de ces attaques, un Bonnivet fut grièvement blessé ; tantôt c'étaient les Impériaux qui cherchaient à s'en emparer. Une nuit, ils tentèrent de se rendre, par surprise, maîtres du fort des Basques; ils usèrent pour cela d'un stratagème rapporté par le biographe de Philibert. 700 ou 800 hommes des plus hardis quittèrent Naples ayant une chemise par-dessus leurs vêtements; s' avançant sans bruit, ils se couchèrent à plat ventre dès qu'ils furent à une faible distance du fort. Ils voulaient surprendre la garnison en plein sommeil. Une sentinelle les aperçut et signala à ses camarades de garde cette masse blanche, que tous, sauf un, qui avait la vue plus perçante, croyaient être un troupeau de moutons. Les capitaines, prévenus, commandèrent une prise d'armes générale qui se fit dans le plus profond silence; ils firent mettre en batterie quelques fauconneaux, puis, quand tout fut prêt, ils montèrent sur une plateforme et crièrent : t Qui va là? Qui vive? » Pour toute réponse, les « moutons > se précipitèrent tête baissée à l'assaut des remparts, mais la garnison se défendit avec un acharnement tel que 250 des Impériaux furent bientôt hors de combat. Des deux capitaines du fort un fut tué, l'autre blessé (2).

La revanche de cet échec ne se fit pas attendre longtemps. Le 22 mai, selon Rosso, une troupe d'Impériaux qui faisait une sortie contre les assiégeants s'engagea entre le fort des Basques et la Madalena. Horace Baglioni, à la tète de ses bandes noires, se porta à leur rencontre et les força à rebrousser chemin jusqu'à la porte de Nola. Le baron de Summonte ordonna de faire refermer la porte derrière eux, mais quelqu'un (3) s'y opposa, en disant que Naples n'était pas un fruit destiné à être mangé par les Français, pas

(1) D'après Guichardin (1. XIX, fol. 333). le 12 mai, Lautrec fît battre par son artillerie une grosse tour « qui endommageoit fort la campagne » ; il faisait aussi bombarder la Tille, mais sans succès; le 16, un bastion, élevé par les. Impériaux, et, le 19, doux moulins près de la Madalena, gardés par des lansquenots, étaient canonnés.

(2) La Pise, p. 169. — Santoro (p. 90-91) parle également d'une « camisade » commandée par Jean d'Almeyda, Sanche Varga et Campeggio, et dans laquelle le premier perdit la vie.

(3) Du Guast, selon Rosso, mais il était prisonnier. Il faudrait alors admettre

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