‹ Philibert de l'OrmeChapitre 10 sur 93 · Montaigne, Voyage à Rome. Paris, 1774, p · texte numérisé non relu

Montaigne, Voyage à Rome. Paris, 1774, p

tiquité. Il eut à peine un regard pour la Renaissance italienne 1 qui étalait sa magnifique floraison dans les œuvres des quatrocentistes et des architectes de Jules II. Le palais de Venise, où pourtant il fréquentait, lui parut indigne de figurer sur ses cartons. Le Belvédère de Bramante lui fournit tout au plus un curieux modèle d’escalier à voûte rampante porté sur piliers et recevant le jour par son noyau vide. Encore son attention se portat-elle beaucoup plus sur les marbres antiques qui garnissaient les niches, les Vénus, les Hercule, les Laocoon, « admirables à voir pour estre divinement bien faicts 2 ». Les ingénieuses imitations italiennes, auxquelles ses prédécesseurs avaient redemandé les thèmes classiques, ne l’arrêtèrent qu’un instant. 11 courut à la source, aux chefs-d’œuvre d’Auguste, de César, d’Adrien, et entreprit de faire sortir Rome de son sépulcre.

Le voilà, à la tête d’une équipe d’ouvriers à ses gages, mesurant les monuments encore debout, les dessinant jusque dans leurs moindres détails, mettant leurs soubassements à découvert pour surprendre les secrets d’architecture des anciens, tout cela, nous dit-il, « avec grand labeur, frais et

1. Dans la dédicace de son Architecture à la reine mère, il fait néanmoins un éloge pompeux des monuments des Médicis qu’il a admirés « estant à Florence ». Mais il faut faire la part de la flatterie.

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