Architecture, fol. 124 v
despens, ... tant pour les eschelles et cordages que pour faire fouiller les fondements à fin de les cognoistre. Ce que je ne pouvois faire sans quelque nombre d’hommes qui me suyvoient, les uns pour gaigner deux jules ou carlins le jour, les autres pour apprendre, comme estoient ouvriers menuisiers, scarpelins ou sculpteurs, et semblables qui désiroient cognoistre comme je faisois et participer du fruict de ce que je mesurois 1. »
Pendant trois ans, le jeune disciple de Vitruve ne vécut que d’architecture romaine. Tantôt c’est le Panthéon, son portique, ses colonnes, sa voûte en coupole, qui occupe ses crayons. Tantôt il s’attache au théâtre de Marcellus, déjà si encombré d’échoppes et de masures bâties à ses dépens qu’on ne peut pénétrer à l’intérieur. Il visite le temple de la Sibylle à Tivoli et le trouve « très beau et admirable ». Il relève surl’Aventin les portes de l’église Sainte-Sabine, et copie des colonnes antiques à Saint-J ean-de- Latran , à Saint-Pierre, à Sainte- Praxède. Le temple de la Paix, l’arc de Constantin, les thermes de Dioclétien, le temple de Faustine, le forum de Nerva, le Colisée, lui fournissent des corniches; il prend un fût de colonne à l’arc de Septime-Sévère, trois colonnes au temple de Jupiter Stator, un entablement au forum