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I. Architecture, fol

32 LES MAITRES DE L’ART

« Boarium ». Toute la Rome antique défile sur son album.

Bientôt les monuments encore debout ne lui suffisent plus. Il va chercher les vestiges du passé jusque dans la terre, attentif aux travaux de terrassements que les cardinaux font faire sur les sept collines, où leurs « vignes » continuent les hortuli des sénateurs romains. A la villa Adrienne, près de Tivoli, c’est une architrave de marbre que les ouvriers mettent à découvert; près du Colisée, un superbe chapiteau composite. La vigne du cardinal Gaddi lui fournit une moisson de frises, de chapiteaux, de corniches, « accompagnés d’infinies fractures et vestiges fort antiques et plus qu’admirables à l’œil humain ».

Il se hâte de dessiner ces débris dès qu’ils sortent de terre. Une négligence de quelques jours, et la trouvaille risque de disparaître, comme pour cette corniche dorique, abandonnée dans la cour du palais de Venise, dont il n’avait pris qu’un croquis imparfait, et qu’il ne retrouva plus quand il voulut l’achever. Le morceau « avoit esté mis en pièces pour en faire de la chaux, comme ont accoustumé de faire tous les chaufourniers à Rome, car ils n’y espargnent tant de marbre qu’ils en peuvent trouver, sans aucun respect de l’antiquité et des beaux ouvrages. Qui est chose à déplorer pour la reste des vestiges de la dicte antiquité, lesquels s’ils abolissent et continuent ainsi faire, ils seront

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cause qii’on ne cogrioistra plus Rome à Rome 1 ».

Toutes ces recherches n’allaient pas sans une cettaine dépense à laquelle les subsides paternels avaient peut-être peine à pourvoir. Mais le jeune Lyonnais sut bientôt intéresser à ses travaux de puissants protecteurs qui lui en facilitèrent l’exécütion. Il était à Rome depuis près de deux ans, ldfsqu’un jour, où il mesurait l’arc de triomphe de Titus, il fut surpris par une suite brillante de seigneurs et de cardinaux en promenade parmi les ruines. Dans la compagnie se trouvaient un gentilhomme romain, Vincencio Rotholano 2, « fort docte aux lettres et en l’architecture », et Marcel Cërvino, tout récemment nommé évêque de Sainte- Croix par Paul III en attendant qu’à son tour il prenne place sur le trône pontifical. Le futur pape Marcel, s’adressant en italien à Philibert, lui rappela qu’il l’avait déjà vu plusieurs fois à l’œuvre avec ses ouvriers et ses auditeurs. Il l’interrogea sur son pays, l’entretint de plusieurs questions d’architecture, et, charmé de ses réponses, l’invita à venir le visiter au palais de Venise, où il était logé.

Comme tous les prélats de la Renaissance, l’êvêque de Sainte-Croix était « homme très docte

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