‹ Philibert de l'OrmeChapitre 13 sur 93 · Architecture , fol. 152 v · texte numérisé non relu

Architecture , fol. 152 v

2. Il nous a été impossible d’identifier ce personnage. M. Dorez, très familieravec l’entourage de Marcel Cervino, ne l’a rencontré nulle part. Il se pourrait qu’il y eût erreur de nom.

LES MAITRES DE L’ART

en diverses sciences et mesme en l’architecture, en laquelle pour lors il prenoit grand plaisir, voire jusques à en ordonner et faire desseings et modèles ». Son protégé trouva au palais un foyer d’humanistes et d’artistes, collectionneurs d’ « anticailles », curieux d’inventions et de singularités, qui ne lui ménagèrent ni les encouragements ni les leçons. On lui apprit à remplacer dans ses mesures le pied de France ou pied de roi par le pied antique, dont on lui montra deux étalons « insculpés en un marbre fort antique », l’un au Campdolle (Capitole) « qui est le palais où les Romains s’assemblent pour traicter de leurs affaires comme l’on faict en France aux maisons de ville », l’autre au jardin du cardinal Gaddi. On lui fit voir les dessins et les machines réunis au palais de Venise. On lui enseigna à construire des châteaux de bois et à menuiser des modèles comme savaient le faire ingénieurs et architectes italiens. On l’instruisit dans l’art des fortifications et des stratagèmes. Il commenta Vitruve à loisir, en compagnie, on aimerait à le croire, de Serlio, qui devait rester son ami et qui lui aussi, à la même époque, mesurait les monuments de Rome. Bientôt il fut assez habile pour reconstituer, sur la demande de Vincencio Rotholano, une ingénieuse invention de C. Curio, deux grands théâtres de bois, montés sur pivot, avec contrepoids et artifices si bien conduits que « les jeux qu’on faisoit devant midy tournoient le

dos l’un à l’autre à fin que les joueurs ne fissent bruit et empeschement les uns aux autres ». Au milieu du jour, les deux édifices, conversant sur eux-mêmes, se rejoignaient et ne formaient plus qu’un seul amphithéâtre destiné aux gladiateurs et aux combats de bêtes L

Mais ses protecteurs ne bornèrent pas leurs bons offices à des conseils. C’est certainement par leur entremise que de l’Orme obtint du pape Paul III une « belle charge à Saint-Martin del Bosco » en Calabre, — quelque officine d’arpenteur, pouvonsnous supposer avec M. Léon Charvet, dans les exploitations de bois pontificales en Calabre citérieure. Pour un débutant c’était le premier pas dans la carrière. Il n’avait qu’à prolonger son séjour pour se faire au service du pape une situation enviable. L’intervention du plus éminent représentant du parti français à Rome en décida autrement.

On ignore à quel moment de l’Orme eut le bonheur d’attirer l’attention de Jean du Bellay. Il n’est pas impossible que le prélat l’ait distingué dès sa première ambassade à Rome, au printemps de 1534, lorsqu’il négociait auprès de Clément VII le divorce de Henri VIII. Mais nous reporterions plus volontiers la rencontre à son second séjour à Rome, du mois d’août 1535 au mois de février 1536, et nous ne serions pas éloigné d’en placer le

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