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Nouvelles inventions, fol. 307 v

LES MAITRES DE L’ART

théâtre au sommet d’un échafaudage ou dans la tranchée de quelque fouille à là vigne du cardinal Gaddi, grand ami, comme on sait, des du Bellay. Nul en effet ne fut plus férü d’antiquités que l’ambassadeur de François Ier. Dès sOn premier voyage, il faisait rafle de statues et dé têtes antiques pour ses collections et pour celles du connétable de Montmorency. Au second séjour, les autorités romaines s’inquiétèrent. Du Bellay accaparait. Le gouverneur du Capitole lüi fit restituer « un beau pilon antique » dont lui avait fait cadeau lé cardinal Pisan \

Un adepte aussi décidé de l’art clâssiqüe në pouvait manquer d’apprécier Philibert. Tout ëh s’occupant des affaires de son maître, du Bellay négociait auprès du pape, pour son propre compte, la sécularisation de l’abbaye de Saint-Maür-les- Fossés, toujours en suspens malgré la bulle de Clément VII du 13 juin 1533. Il lui fallait tin architecte pour le château qu’il rêvait d’édifier à côté des bâtiments claustraux. Comme il était aussi bon connaisseur en hommes qu’en antiquités, il décida son jeune compatriote à quitter le service du pape pour le sien, et résolut de le ramener en France quand il aurait terminé sa mission. Mais les événements politiques bouleversèrent ces projets. Le

1. Heulhard, Rabelais, ses voyages en Italie, son exila Metz,

28 février 1536, le prélat quitta Rome sous un déguisement, et, sans autre suite que quelques cavaliers, courut à franc étrier apprendre à François Ier les menaces de guerre de Charles-Quint. On sait le reste : la rupture entre le roi et l’empereur, l’invasion de la Provence, la mise en défense de Paris par Jean du Bellay nommé lieutenant général de l’Ile-de-France. C’était bien le temps de songer à bâtir! De l’Orme revint à Lyon attendre les événements.

Il est plus malaisé d’expliquer les rapports de Philibert avec le frère du cardinal, Guillaume du Bellay, seigneur de Langey. Son témoignage est cependant formel, quoiqu’un peu vague : « Ayant eu plusieurs charges, dit-il dans son Instruction , soyt à la guerre, à fortiffier et estre cappitaine en chief et fermé plusieurs foys; etay servi papes, roys et plusieurs cardinaux et grandz seigneurs ; et feu Mons. de Langés, Guillaume du Belloy, Mons. le cardinal son frère, me débauchairent du service du pape L »

Pendant le séjour du jeune architecte en Italie (1533-1536), Langey ne semble pas avoir franchi les Alpes : il négocie sans relâche avec les princes allemands sur les bords du Rhin. Mais en 1537 le roi l’envoie en Piémont pour remettre les fortifications en état. Le 22 août il s’arrête à Lyon pour

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