‹ Philibert de l'OrmeChapitre 15 sur 93 · Instruction, p · texte numérisé non relu

Instruction, p

LES MAITRES DE L’ART

prendre 25000 livres destinées aux travaux. Il est possible qu’il ait emmené le jeune architecte à son passage, et l’ait gardé avec lui en Italie jusqu’à la fin de 1539, date de son retour en France.

On pourrait également reporter les services de Philibert de l’Orme près de Guillaume du Bellay au moment où les hostilités s’engagèrent en Piémont, c’est-à-dire en 1541, après l’affaire de Frégose. Il aurait eu alors une trentaine d’années, et l’on pourrait rattacher à cette campagne d’Italie ces fonctions de capitaine, assiégé à plusieurs reprises par l’ennemi, dont il se fait honneur dans X Instruction. Mais, à cette époque, tout porte à croire qu’il commençait les travaux du château de Saint-Maur. En janvier 1543 Langey n’était plus 1 .

S’il subsiste un doute sur la date de ce commandement militaire, il ne peut s’en élever aucun sur sa nature. Il s’agit d’une charge d’ingénieur chargé de la défense et de l’attaque des places. Philibert, dans ses trois années de séjour à Rome, avait certainement acquis des connaissances très suffisantes dans cette poliorcétique où les Italiens étaient passés maîtres. Il ne pouvait mieux utiliser sa science qu’en la mettant aux ordres de Langey dont les Stratagèmes , d est- à- dire Prouesses et Ruses de guerre, allaient mériter d’occuper la docte plume de

1. Bourrilly, Guillaume du Bellay, seigneur de Langey. Paris, 1905, in-8°, p. 253, 345.

Rabelais. Nous verrons d’ailleurs Jean II de l’Orme, qui remplaça son frère à peu près dans toutes ses charges, remplir des fonctions analogues auprès de Paul de Thermes, sénéchal de Rouergue, successeur de Guillaume du Bellay au commandement de Piémont, et se distinguer à Parme, à la Mirandole, à Sienne et dans l’expédition de Corse l.

Laissons là les conjectures et reprenons de l’Orme à Lyon, à son retour d’Italie. Dès son arrivée nous le voyons s’employer au service d’un des quatre trésoriers de l’épargne, Antoine Bullioud, général des finances pour les provinces de Bretagne. Il lui construisit, en 1536, un petit corps d’hôtel rue de la Juiverie, où il s’appliqua, dans un espace très réduit, à mettre en valeur ses qualités d’architecte savant et classique2 (pi. V). Peut-être aussi travailla-t-il pour d’autres particuliers, et futil appelé à donner les plans du portail de Saint- Nizier, à la construction duquel son futur beaufrère Olivier Rolland était intéressé dès 1538.

La mort de son père, qui survint vers ce tempslà (le nom de Philibert remplace celui de Jean Ier sur les rôles de taxe en 1538), brisa les liens assez fragiles qui semblaient le retenir à Lyon. L’héritage paternel fut vite liquidé. Il eut pour sa part la maison de la rue des Auges, et partagea avec son frère

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