Architecture , fol. 90 v
LES MAITRES DE L’ART
les vignes du Rhône et les terres de labour. Puis il dit adieu à sa ville natale, et alla prendre plape sur un théâtre plus digne de son talent. Le cardinal l’attendait pour construire le château depuis si longtemps rêvé auprès de son abbaye de Saiiit- Maur, le « paradis de salubrité, aménité, sérénité, commodité, délices et tous honnestes plaisirs de agriculture et vie rustique » que devait immortaliser Rabelais \
A quel moment commencèrent les travaux? Il est difficile de le dire. La clôture du parc, qui semble bien une des premières opérations à exécuter dans une construction seigneuriale, est du mois de îuars 1541 1 2. Au miHeu de l’été 1544, François Ier, à qui est dédié le château, y fait un séjour ininterrompu de plus d’un mois. Le gros œuvre était évidemment achevé. Cet intervalle de trois ans suffit largement à la construction d’une aimable résidence, « ni trop grande ni trop petite », que l’arphitecte dut proportionner aux ressources du cardinal, fortement compromises au service du roi. Il n’est pas exagéré non plus pour un édifice dont les fondations, en sol mouvant, nécessitèrent à elles seules de longs mois de travaux 3.
Pendant la durée de l’entreprise, de l’Orme
1. Rabelais, Lettre au cardinal de Chastillon, 28 janvier 1552.
2. Clouzot (H.), Saint-Maur, paradis de salubrité, aménité ... et délices. Revue des Études Rabelaisiennes , VII, p. 133.