‹ Philibert de l'OrmeChapitre 39 sur 93 · Fortunam reverenter habe, quicumque repente · texte numérisé non relu

Fortunam reverenter habe, quicumque repente

Dives ab exili progredere loco Ausone. Epigrammata, VIII, p. 3 édit. 1512.

2. Binet (Claude). La vie de P. de Ronsard (1586), édit. P. Laumonier, 1909. L’anecdote a été répétée maintes fois dans la suite.

LES MAITRES DE L’ART

époque et attestant lui aussi la rancune du poète :

J’ay veu trop de maçons Bastir les Tuileries Et en trop de façons Faire les momeries (i).

Le « maçon » ne s’occupait cependant pas uniquement d’intrigues de cour. Dans les rares loisirs que lui laissaient ses travaux des Tuileries et de Saint-Maur, il poursuivait la publication de ses livres. Le 27 août 1567, il achevait d’imprimer le Premier tome df Architecture qui lui avait demandé « six ans de peines et de fatigues continuels ». L’ouvrage, dédié à la reine mère, parut avec un portrait digne du grand homme dont il fixait les traits pour la postérité (pl. IV).

Quelle remarquable expression d’énergie dans cette gravure! Que de gravité, de noblesse! L’œil est vif, le regard perçant sous une arcade sourcilière très développée. Le nez, assez fort, est régulier. Le large front révèle le penseur. C’est l’image d’un de ces humanistes de la Renaissance, dont le vaste cerveau embrassait l’étendue des connaissances de leur temps ; mais sur ces traits déjà empâtés par l’âge, sur ce visage concentré par la réflexion, on lit les fatigues d’une existence traversée de faveurs et de disgrâces, de travaux inces-

Page 1