Id., fol
4. Le livre renferme un double privilège du roi, l’un avec un
Il parut sous le titre de :
LE | PREMIER TOME DE L’AR- | CHITECTVRE de | Philibert | de l'Orme | con- | seiller et avmosnier ordi - | naire du roy, \ abbé de S. Serge \ les angiers. — A Paris, | chez Fédéric Morel, rue | S. Iean de Beauvais. | 1567. | Avec Privilège | dv Roy. | In-fol. de 283 f. pag., non comp. 4 f. lim. pour le titre, le second privilège, la dédicace et 6 f. n. chif. à la fin pour le premier privilège et la table.
L’ouvrage comportait neuf livres. Mais lorsqu’une nouvelle édition — ou plutôt une partie du premier tirage avec les dates changées — eut vu le jour en 1568, ce nombre fut porté à onze. Les Nouvelles inventions occupèrent les livres X et XI. Le public eut ainsi les œuvres complètes et définitives de l’auteur, puisque le second tome de Y Architecture, qui devait s’intituler Des divines Proportions , resta toujours en projet 1 .
De l’Orme, on pourrait le croire, dut se montrer satisfait de son imprimeur. Morel s’était vrai-
achevé d’impression du 27 août, l’autre du 29 novembre. La dédicace est du 25 novembre.
1. « Je n’use d’autres mesures sinon des proportions lesquelles j’ay tirées de l'Escriture saincte du vieil testament et (ce que je diray sans aucune jactance) les mets en usage le premier, ainsi que je feray apparoir de bref, Dieu aydant, par le discours de nostre seconde partie d’architecture, qui porte le titre et nom : Des divines Proportions . » Architecture , fol. 168.
ment surpassé. Il méritait des éloges pour ce superbe volume en grand format, magistralement illustré d’un frontispice, d’un portrait et de plus de deux cent cinquante gravures sur bois, quelquesunes sur deux pages entières. Mais l’architecte de la reine ne parut qu’à demi content. L’imprimeur l’avait trop pressé, les graveurs avaient trahi sa pensée. En dix endroits il peste contre « les tailleurs » qui n’ont pas conduit leur travail à sa guise. Tantôt on lui a coupé une légende, tantôt un profil manque de netteté, tantôt on n’a pas suivi les traits de son dessin. Presque partout les coupes géométriques manquent de justesse et de proportion, « pour autant que les tailleurs ont coutume de mouiller et quelquefois faire un peu bouillir le papier de la protraicture, premier que de le coller sur la planche pour la conduitte de leur taille. Et selon qu’ils tirent le dit papier, il s’étend d’un costé et restroissit de l’autre 1 » .
L’intéressé fut le seul sans doute à remarquer ces défauts, plus sensibles aux yeux d’un auteur qu’à ceux du public. Le fait d’une seconde édition, à moins d’un an d’intervalle en 1568, d’une troisième en 1576, d’une quatrième en 1626, d’une cinquième en 1648, suffit à prouver le succès de l’ouvrage.
Le Premier tome de /’ Architecture , il faut l’avouer,
1. Architecture , fol. 164 v°, 1 66, 178, 193, 197 v°, 212 v°, 213, 240 v®, etc.
arrivait en son temps. La bibliothèque technique du constructeur était des plus restreintes. Autant dire qu’elle n’existait pas. Vitruve, malgré ses obscurités, faisait toujours la base de la doctrine, commenté en latin par Philandrier, en français par Jean Goujon, traduit enfin pour le vulgaire par Jean Martin en 1547. On connaissait Leo-Baptiste Alberti, en latin depuis l’édition de G. Tory, en français depuis la traduction de Jean Martin (1553). On lisait surtout Serlio, dont les six livres avaient été traduits de 1545 à 1551, et qui, de l’aveu même de Philibert de l’Orme, avait donné le premier aux Français « par ses livres et desseings la cognoissance des édifices antiques et de plusieurs fort belles inventions1 ».
Mais quel abîme entre la sécheresse de ces traités et la verve débordante, l’originalité, la personnalité du nouveau livre ! Certes l’auteur ne renie pas ses devanciers. Il ne jure que par Alberti, Serlio et surtout Vitruve dont il projetait une édition qui ne vit pas plus le jour que le recueil de Portes antiques et le traité de Perspective pareillement annoncés2. Mais il a su mettre dans son œuvre quelque chose qui manquait à ses prédécesseurs. Il y a fait passer son culte fanatique de l’antiquité, sa fièvre de constructeur, ses passions et