‹ Philibert de l'OrmeChapitre 45 sur 93 · Id., fol. 174 v°, 179 v°, et 237 v · texte numérisé non relu

Id., fol. 174 v°, 179 v°, et 237 v

LES MAITRES DE L’ART

ses haines, et au lieu d’un froid manuel de maçonnerie, il nous a laissé un livre débordant de vie et d’émotion.

En ce dernier quart du seizième siècle, tous les auteurs se mettent en scène. Montaigne étudie son « moi » sous chacune de ses faces, Palissy ne nous fait grâce d’aucun épisode de sa carrière, Philibert de l’Orme se raconte de la première à la dernière page : « Au travers d’une démonstration, dit M. H. Lemonnier1, jaillit une anecdote, un souvenir intime. Il parle à tout moment de ses travaux, de ses devoirs, de ses projets. » Il interrompt une description de charpente pour déplorer le trépas de son protecteur. Il fait un tel abus du « je » que dans l’édition de 1648 l’imprimeur manquera de J initiaux, et sera contraint de modifier presque tous les débuts des chapitres.

Relisez, en tête du premier livre, les pages consacrées au rôle de l’architecte. C’est une galerie de petits tableaux brossés de main de maître, un véritable recueil des caractères et des mœurs de la bâtisse. Voici les donneurs de plans, un maître maçon, un maître charpentier, quelque peintre, quelque notaire, « et autres qui se disent forts habiles et ne savent quel nom est architecte ». Voici, dans les riches maisons, la femme, les en-

1. Lemonnier (H.), Philibert de l’Orme, Revue de l’Art ancien et moderne, t. III, p. 153 et 549.

Phot. A. Giraudon. Planche XII»

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