I. Architecture , fol. 256, 258, 258 v®, 300, etc
LES MAITRES DE L’ART
de paume ou place pour faire festins et donner passe-temps que s’en servir de celliez. Et quand il faict pluies ou grandes chaleurs, le lieu est propre pour s’y retirer et jouer, baller ou faire autres choses de p[l]aisir 1 ».
Mais de toutes les inventions d’Anet, celle qui tenait le plus au cœur de Philibert, c’était son portail, superbe et disparate édifice où il avait fait un laborieux étalage de ces « curiosités » d’architecture dont les grands seigneurs du seizième siècle se montraient si friands. Il nous les décrit dans son livre sans nous faire grâce d’une seule : « La principale porte et entrée... est de l’ordre Dorique, estant ornée de quatre colomnes fondées sur les talus et pentes du mur du fossé. La dicte porte est accompagnée de deux autres petites portes par les costez, comme de poternes, et tout le portail faict de pierre de Vernon, enrichie de marbres, porphyres, serpentins et de bronse, signamment sur les portes, et aux tables d’attente. Les métopes qui sont entre les triglyphes, et tous les triglyphes, mesmes ceux qui sont sur l’arceau de la porte, sont de marbre noir : tous les bouillons de fueilles et fruicts se voyent de bronse entre les triglyphes, estants fort bien faicts. La Diane avec les cerfs, sangliers, et autres animaux que vous voiez audessus de la porte, sont de cuivre et bronse, ela-