Palustre, Renaissance, I
LES MAITRES DE L’ART
raimable logis de Jean du Bellay ne pouvait convenir à la majesté royale. Catherine résolut d’en faire une demeure somptueuse, et, selon de l’Orme luimême, « de le parachever avec une grande et magnifique excellence ». Fait curieux, et qui prouve combien l’architecte était peu libre de son action : au lieu d’achever le château en édifiant les trois autres corps de logis prévus par le plan primitif, on se contenta de remanier la face postérieure élevée par le cardinal.
Mais quel remaniement! Du Cerceau1 nous a permis d’en juger. Quatre pavillons énormes débordèrent aux angles, et pour les relier, sans doute à l’imitation du château de Madrid, on superposa trois étages de galeries ouvertes. Derrière ces loggias disparut entièrement l’ancienne façade avec son stylobate si étudié et ses élégants pilastres corinthiens. Un fronton démesuré — « nous n’en avons poinct faict en notre France d’aussi grand », dit du Cerceau — remplaça la gracieuse corniche primitive (pi. XXI).
« Tout cela, conclut très justement Léon Palustre, est assez gauche, et si Philibert de l’Orme n’avait pas d’autre titre à notre admiration, il descendrait promptement du haut piédestal où l’a placé la postérité. Pour éviter une toiture trop élevée, ses
1. Du Cerceau, loc. cit. Voir aussi la planche de Merian qui montre les pavillons encore inachevés au dix-septième siècle.
A i NC' F MOR
DÛ