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CONCLUSION

L’homme. — Ses idées. — Ses œuvres. — Son rang parmi les grands architectes de la Renaissance : Lescot, Bullant, du Cerceau, Metezeau, Lemercier. — Triomphe de l’architecture savante et de la Renaissance érudite.

O US voici à la fin de notre tâche.

Nous avons essayé de préciser, autant que les documents nous l’ont permis, les grandes étapes de la vie et de la carrière de Philibert de l’Orme; nous avons interrogé ses livres; nous avons passé en revue ses œuvres de pierre, aussi bien les édifices qui sont parvenus jusqu’à nous que ceux dont nous avons à déplorer la perte. De tout cet ensemble, documents, traités d’architecture, monuments, sa personnalité s’est dégagée avec une netteté parfaite.

L’homme, nous l’avons vu autoritaire, intransigeant, pénétré à l’excès de son propre mérite, mais passionné pour son art au delà de toute expression. Très habile à se mettre en crédit auprès des grands, et portant sa fortune avec une morgue déplai-

santé, il pousse cependant très loin les sentiments de famille et d’amitié, et sait oublier ses intérêts matériels quand son art ou sa dignité personnelle sont en jeu. Travailleur acharné, studieux, réfléchi, religieux à la façon des humanistes, avec une pointe d’esprit d’examen, il nous apparaît, en dépit de son canonicat et de ses nombreuses abbayes, plus préoccupé de l’étude de l’Écriture sainte que ne le comporterait une rigoureuse orthodoxie.

Sa doctrine, nous l’avons définie un retour sans réserve à l’antiquité classique, une application rigoureuse des lois esthétiques de l’ancienne Rome. Mais chez lui la force du tempérament de praticien est telle que nous la voyons percer sous l’enveloppe classique, et que le théoricien donne, sans s’en douter, autant de place à la technique traditionnelle du moyen âge qu’aux règles de Vitruve et de ses rénovateurs. Il croit parler latin et s’exprime en excellent français.

Ses constructions, enfin, nous sont apparues avec un singulier mélange d’élégance et de gaucherie, un sentiment de grandeur indéniable, une originalité féconde. Producteur infatigable, nul peut-être n’a conçu plus de formes nouvelles. Il a le sens des vastes conceptions, des grands projets. Son imagination sans cesse en éveil lui suggère d’innombrables idées, mais ses efforts pour se dégager de l’imitation antique et se constituer un style personnel donnent à quelques-uns de

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ses édifices on ne sait quoi de lourd et de bizarre. Trop convaincu de la valeur absolue de la science, il lui demande par surcroît la beauté, et n’obtient parfois que la sécheresse L

C’est ce qui fait que tout en méritant une place de premier rang parmi les grands architectes de la Renaissance, de l’Orme, au point de vue du goût et du sentiment artistique, n’a pas éclipsé, comme on pourrait le croire, tous ses contemporains. « Ainsi, dit peut-être un peu sévèrement Berty, et sans le comparer aux maîtres si merveilleusement doués de la première Renaissance, sous le rapport de l’imagination il ne saurait être égalé à Jacques Androuet, sous le rapport de la pureté du style à Pierre Lescot, sous le rapport de la science d’agencement à Jean Bullant et autres. »

Certes, « historiquement » il nous intéresse davantage. Il a sur ses rivaux l’immense avantage d’avoir « écrit » , et d’avoir traduit ses idées architecturales en des pages attachantes et définitives. Mais dans le trésor monumental de la Renaissance que de merveilles à comparer et même à opposer à ses édifices!

Pierre Lescot, magistrat et architecte, élève le jubé de Saint-Germain l’Auxerrois (1541), l’hôtel Carnavalet (1544-1546), la plus grande partie de

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