H. Lemonnier, loc. cit., p
la chapelle des Valois à Saint-Denis, et commence en 1546 le nouveau Louvre.
Jean Bullant, son contemporain, descendant d’une famille de maîtres d’œuvre amiénois, achève le château de Fère-en-Tardenois (1540), puis de 1540 à 1552 celui d’Écouen pour le connétable de Montmorency. 11 construit le petit château de Chantilly, collabore avec Lescot à l’hôtel Carnavalet, travaille pour la reine mère à Chenonceaux, aux Tuileries, à Saint-Maur, à l’hôtel de Soissons, à la chapelle des Valois. Il invente une nouvelle ordonnance, et fait monter un ordre colossal du haut en bas des façades.
Jacques Androuet du Cerceau, auteur des Plus excellents bastiments de France , plus dessinateur encore qu’architecte, construit une partie du château et le chœur de l’église de Montargis. Son fils bâtit le pavillon de Flore aux Tuileries. Thibaut Metezeau dresse les plans et exécute en partie la grande galerie du Louvre. Pierre Lemercier, de Pontoise, commence Saint-Eustache de Paris (1530), travaille de 1530 à 1550 à Saint-Maclou de Pontoise. Nicolas, son fils, continue les mêmes églises.
D’un bout de la France à l’autre, une pléiade d’architectes, dignes successeurs des maîtres de l’œuvre de la pré-Renaissance, appliquent les ordres classiques et font triompher les mesures, l’harmonie, les proportions heureuses.
LES MAITRES DE L’ART
Au milieu de tant de merveilles, Saint-Maur, Anet, les Tuileries, le tombeau de François Ier, trouvent plus d’une rivalité redoutable, mais ce sont ces édifices, ne l’oublions pas, qui ont servi de premiers modèles. C’est par eux que l’enseignement des néo-vitruviens a porté ses fruits, et ces fruits, nul ne peut le nier, furent considérables.
Entre l’ancienne et la nouvelle architecture, entre Chambord, Chenonceaux, Azay-le-Rideau, et les façades du Louvre l, d’Écouen, de Chantilly, tout un monde a passé. Où la fantaisie s’exerçait en maîtresse absolue, régnent maintenant la symétrie, la règle, la belle discipline des ordres classiques2. On a compris le pouvoir des mesures et des rapports exacts. On a appris qu’il y avait autre chose à faire en art que de charger les murs d’ornements au hasard du caprice. On s’est renfermé dans les principes, si conformes à la raison, émis par Philibert de l’Orme.
Certes cette brillante médaille a son revers. L’architecte, trop pénétré de son importance, va chercher maintenant à se passer du sculpteur. Sous l’influence de son érudition de fraîche date, les ordres antiques vont prendre une prépondérance regrettable. Ils vont arriver, sans respect
1. PL XXIV. Le bâtiment, à gauche du grand pavillon, est seul de Lescot.