‹ PhiliberteChapitre 23 sur 71 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

RAYMOND , à part.

Du courage! Suivons les conseils de Julie.

— Comme elle est enfoncée en sa mélancolie!

— Allons! (Haut.) Mademoiselle!...

PHILIBERTE,' brusquement, saxis roir Raymond.

Hé bien? Que me veut-on?

RAYMOND

Rien. Je ne croyais pas vous déranger. Pardon.

Si je vous ai parlé d'une voix un peu brève, C'est que vous me tiriez en sursaut de mon rêve ; Excusez-moi : j'avais encor l'esprit bien loin.

RAYMOND

Pourquoi vous excuser? Il n'en est pas besoin.

Puisque j'ai mal choisi l'instant , je me relire. Adieu.

Vous avez donc quelque chose à me dire?

RAYMOND

Non! Eh bien, si! — Depuis longtemps je me promets De vous ouvrir mon cœur, et je n'ose jamais. Mais il faut m'enhardir une fois : — Je vous aime.

PHILIBERTE, très-émue.

Vous m'aimez?

RAYMOND

J'ai beaucoup lutté contre moi-même ; J'ai médité de fuir, de cesser de vous voir. Pour tâcher d'oublier un amour sans espoir ; Mais en vain : malgré moi, la passion plus forte, Hélas! me ramenait toujours à votre porte. Il fallait qu'un aveu, pour sauver ma raison. M'ouvrît ou me fermât à jamais la maison ; Mais pareil au mourant qui tient sa maladie Préférable aux hasards d'une cure hardie, J'hésitais, j'ajournais, je me disais : plus tard , Me fiant lâchement de mon sort au hasard. Mais un conseil ami m'a rendu le courage.

PHILIBERTE, vivement.

Un conseil?

RAYMOND, à pai t.

Quel penser assombrit son visage?

PHILIBERTE, à part.

Le conseil du vieux duc! Je l'oubliais. Hélas! J'allais presque espérer!

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