‹ PhiliberteChapitre 3 sur 71 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

S'il en avait jamais ; esclave du bon ton, Un peu trop à cheval sur le qu'en dira-t-on Peut-être, mais d'humeur à la tienne commode, C'est l'époux idéal d'une femme à la mode, Et je ne lui sais pas vraiment d'autre défaut Que d'être avec excès le mari cfu'il te faut.

JULIE

Ajoute qu'il est bien en cour, et que la reine De son premier enfant veut être la marraine.

Ce baptême charmant que je ne comptais pas !

JULIE

Que te faut-il de plus quand tu te marieras?

Oh! moi , tu sais, ma sœur : je suis une sauvage. Je voudrais un bonheur fait comme un esclavage. Et je l'emporterais, pour le rendre plus sûr, Ainsi que la lionne, au fond d'un antre obscur. Là, seule à posséder celui qui me possède...

JULIE

Achève...

J'oubliais déjà que je suis laide, Et qu"un homme ne peut désirer mon hymen Que pour le million que j'ai dans chaque main.

JULIE

Te voilà triste, et c'est par ma faute peut-être !

C'est la mienne. Un captif doit fermer sa fenêtre

Et tâcher d'oublier par folie ou raison Que l'univers existe autour de sa prison.

JULIE

Hé bien, tu peux laisser cette fenêtre ouverte; Je t'apporte la clef des champs, ma Philiberte.

Comment?

JULIE

J'ai découvert deux choses, chère sœur, Que tu n'apprendras pas, j'espère, sans douceur. Et la première, c'est que vous êtes charmante. Mademoiselle.

Moi?-

JULIE

Nouvelle surprenante.

N'est-ce pas? Tu l'entends pour la première fois, Et je me sais bon gré que ce soit par ma voix.

Si c'est un badinage, il est cruel , JuUe.

Très-sérieusement, je te trouve... jolie? Non, ce n'est pas le mot : j'avais mieux dit d'abord ; Je te trouve charmante, et c'est bien plus encor. Il semble à travers toi que ton âme transpire : Ton accent est plus doux que ta voix ; ton sourire Plus joli que ta bouche, et ton regard plus beau Que tes yeux : la lumière efface le flambeau. Hé bien! te voilà rouge et tout embarrassée?...

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