‹ PhiliberteChapitre 42 sur 71 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Alors je n'étais pas pudique? Je proteste.

JULIE

Hé bien, non! jusqu'ici tu n'étais que modeste. La preuve sans réplique est que sur le moment L'insulte ne t'a fait qu'un doux étonnement.

Les pauvres prisonniers que l'on met hors des geôles Font-ils attention si c'est par les épaules? La fierté ne leur vient qu'après la liberté.

JULIE

Tout juste; ta pudeur fait comme leur fierté.

Tu parles doctement de tout cela , Julie.

JULIE

Oh! voilà si longtemps que je me sais jolie ! Tu me rattraperas bientôt.

Je ne sais pas.

Mais je n'ai déjà plus mon stupide embarras; D'audace et de gaîté je me sens animée. Que c'est fortifiant de se savoir aimée ! — Cher Raymond! — Quel pardon je vais lui demander!

JULIE

Demander! Quelle erreur! C'est beaucoup d'accorder.

Puisque j'ai tort!...

JULIE

D'abord, ma clière, je proclame

Que l'homme n'a jamais raison contre la femme. Hélas! il n'a que trop d'avantages sur nous, Même quand nous savons le tenir à genoux : A nos pieds prosterné, s'il est déjà le maître, Juge, une fois debout, quel tyran ce doit être! Tu fléchiras toujours après avoir fléchi.

Mais quel docteur tu fais ! ^HKf

JULIE

J'ai beaucoup réfléchi.

Aussi moi. Seulement, ma sœur, j'ai pour système Qu'abaisser son mari, c'est s'abaisser soi-même.

Soit ! Je ferai payer à monsieur d'Olhvon L'affront que tu vas faire à notre pavillon.

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