‹ Philippe et Jean Baptiste de ChampaigneChapitre 13 sur 30 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Philippe et Jean-Baptiste de Champaigne. — L'oncle et le neveu.

On a vu dans un des chapitres précédents que Philippe de Champaigne, cruellement éprouvé en 1 638 par la mort de sa femme, perdit encore, vers i65o (d'autres disent en 1654, un contemporain disait même en 1642 le seul fils que lui eût donné Charlotte Duchesne. L'homme qui nous est apparu comme un père si tendre, quand il s'agissait d'une fille entrée au couvent, c'est-à-dire morte au monde et à sa famille, fut inconsolable sans doute ; toutefois i! ne se laissa pas vaincre par le malheur; tout en gardant pieusement le souvenir de son enfant, dont il ne paraît pourtant pas avoir fixé les traits sur la toile 2, il reporta son affection sur le fils de son frère, sur le jeune Jean-Baptiste de Champaigne, dont l'histoire est désormais inséparable de celle de son oncle. Cette histoire était fort mal connue jusque dans ces derniers temps, mais la science moderne commence à pénétrer les ténèbres épaisses dont la vie des artistes les plus célèbres était entourée jusqu'à ce jour 3.

Jean-Baptiste de Champaigne naquit à Bruxelles, comme son oncle, et fut baptisé aussitôt après sa naissance, le 10 septembre i63t, dans l'église Saint-Jacques sur Coudenberg. Son père, Evrard de Champaigne, frère aîné de Philippe, était maître tailleur à Bruxelles, et telle-

Page 1