VIII PRÉFACE
conduite des geôliers et des médecins, et d'après le mode ténébreux qui commença et qui termina la catastrophe, ces inductions, dis-je, suffisent pour que ceux qui sont accoutumés à rendre justice, prononcent sans crainte de se tromper.
Pourquoi détruire, tout entière, la correspondance de Philippe II avec Catherine d'Autriche, sa tante et l'aïeule de don Carlos? Pourquoi avoir fait disparaître de la Torre-de-T6mbo, à Lisbonne, la correspondance de dona Catherine, avec Philippe II? Pourquoi avoir détruit toutes les pièces du procès de don Carlos, toutes celles qui pouvaient se rapporter à sa prison et à sa mort?
Puisque ce roi les détruisit lui-même ou les rit détruire, c'est qu'elles ne fournissaient pas la preuve d'une vertu^ mais qu^elles accusaient un crime.
La victime est défendue par son martyre et sa mort.
La conduite de Philippe II le montre comme un père sans entrailles ; si on la considère comme celle d'un chrétien, elle n^a pas de défense ; comme celle d'un politique, elle est infernale.
S'il était possible de le livrer à un jury formé d'hommes justes, il serait condamné, comme le plus pervers des criminels, à la peine la plus forte, non-