‹ Philippe II et Don Carlos devant PhistoireChapitre 17 sur 34 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LE prince don Carlos avait quatorze ans et sept mois, quand Philippe II fit tout disposer pour qu'on lui prêtât serment, comme prince des Asturies, dans la cathédrale de Tolède, le 22 février 1560 (i). Tout ce qu'il y avait de plus intéressant à la cour assista à cette solennité. Par cet acte, Philippe II démontrait que son fils réunissait toute la capacité et

(i) Tisnacq écrit à la duchesse de Parme, le 3 1 décembre 1563, que de la part de S. M. don Philippe, il avait été proposé aux Cortès d'admettre le serment du prince don Carlos par procuration. Saint-Sulpice en dit autant à Catherine de Médicis, le 17 décembre 15^63. Soranzo, ambassadeur de Venise, confirme le fait, le 29 décembre. De sorte qu'à cette époque le roi était sûr que son fils avait toutes les qualités nécessaires pour régner.

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toutes les conditions requises pour régner. Sans cela, les Cortès, alors réunies, ne seraient pas allées de Guadalajara à Tolède pour lui rendre hommage ; il ne lui aurait fait prêter serment de fidélité ni par la princesse dona Juana, ni par le prince de Parme, Alexandre Farnèse, amiral de Castille, ni par don Juan d'Autriche, ni enfin par tous les grands et tous les dignitaires de la Cour.

Dans cette cérémonie, le duc d'Albe, soit par excentricité, soit par orgueil, négligea de baiser la main du prince, alors que tous les autres le faisaient. Le prince le regarda avec mécontentement, et d'un œil menaçant. Le duc lui adressa des excuses, mais don Carlos les reçut avec une froideur et une dureté telles, que le roi dut intervenir pour que don Carlos donnât satisfaction au duc qu'il avait offensé. La rancune que le duc d'Albe lui garda dès ce moment devint fatale au prince ; elle le fut d'autant plus que le duc sut conserver un assez grand empire sur luimême pour la dissimuler.

Comme on prêtait alors serment à l'héritier de la monarchie, à celui qui devait être roi, on déploya dans cette cérémonie un luxe inusité. Après les personnages de la Cour, venaient le prince don Carlos, monté sur un cheval blanc, richement vêtu, orné de perles et de diamants. Il avait à sa droite don Juan d'Autriche ; suivait la princesse doha Juana, dans une litière, puis le roi Philippe II ; il était accompagné de quatre rois d'armes, de quatre hallebardiers et de massiers ; près du roi et le précédant

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