I70 PHILIPPE II
mettait au docteur Suarez • son très grand ami •, dix mille ducats pour le mariage de ses rilles. Mais elle ne lui fit modifier en rien ses sentiments non plus que ses actions (i).
Ceci est une erreur de Gachard, qui aurait dû dire quelque temps avant. En changeant la date de la lettre, il lui donne une signification contraire à toute rhistoire et aux relations de Suarez avec le prince.
La donation à l'occasion du mariage des filles de Suarez est bien antérieure à cette lettre. Elle remonte, suivant "Castro, au 12 août 1567 ; et, sur cette question de dates, j'ajoute plus de foi aux dires des Espagnols qu'à ceux des étrangers.
Sur cette affiiire de la confession du Prince, voici ce qu'écrit Gachard : • Don Carlos, que le Roi et ses ministres accusaient de manquer de raison^ et dont quelques personnes suspectaient la foi, donna, à l'approche de cette grande fête (la solennité de Pâques), un démenti éclatant aux uns et aux autres. (C'est l'observation que fait Dietrichsten, dans une lettre du 22 avril 1568, à Maximilien II). Il fit appeler Fray Diego de Chaves, lui témoigna spontanément l'intention de se confesser, et il accomplit cet acte religieux avec les marques de contrition et de repentir les plus édifiantes ; il se disposa ensuite, par plusieurs jours de jeûne et d'abstinence, à recevoir le corps de Jésus-Christ. Dans sa lettre citée, Dietrischten dit que le Prince s'est confessé
(i) Gachard. Don Carlos et Philippe II, p. 303.