PRÉFACE V
pent d'ordinaire les philosophes et les historiens les plus capables. Voilà pourquoi il est nécessaire, en écrivant Thistoire, de le faire avec froideur, ^ans se laisser séduire par les hypocrisies du passé, sans passion, ni comme homme de parti, mais comme un juge intègre, et comme un mathématicien qui résoud ses problèmes avec une exactitude parfaite. Il faut autant de logique à Thistorien qui veut retracer les événements anciens que de calcul à Talgébriste, pour ses opérations les plus difficiles.
Il faut en même temps être possédé d'un grand esprit de défiance de soi-même et ne se fier absolument à aucune apparence.
Il ne faut pas se laisser éblouir par les qualités extérieures, mais aller chercher, au cœur même des faits, les causes qui les ont motivés.
Il ne faut pas se laisser attendrir par les pleurs du crocodile, mais savoir s'en servir pour découvrir ranimai rusé qui espère attirer la victime par ce moyen séducteur et la dévorer.
Dans tous les actes de Philippe II, il ne faut pas se livrer innocemment à leur considération. Il est nécessaire de les lire avec crainte, de les étudier avec défiance, de les comparer les uns aux autres pour arriver ainsi à la vérité. Connaissant le personnage.