UN LAQUAIS
Monseigneur Don Juan.
Qu'il attende. (Se ravisant.) Eli non ! qu'il entre.
DON JUAN (a«ité)
Sire...
PHILIPPE II (calme)
Eh bien?
DON JUAN
Don Carlos s'est enfermé clicz lui. Il no veut voir personne. Tout h l'heure, il parcourait le palais, les yeux hagards, les poings levés...
PUII.IPPF II
Nous avons causé ensemble, co bons amis. .Nous nous sommes mT'me donné la main. J'ignore ce qui le bouleverse. Vous à qui il se confie, iiislruiscz-inoi.
D(»N JLAN
Ah ! Sire, si vous saviez combien son inaction lui pèse, combien sont lourds, en ce palais, les jours, où, sans nul but, il «rre, et longuement .se désespère.
Mais la comtesse, et sa beauté, et leur amour
DON JUAN
Certes, l'amour lui fut la belle main de joie Qui l'arracha, soudainement, comme une proie, Au tragique, fiévreux et maladif ennui.
Il se guérit ; il respira toutes les flores Des tendresses, il fut heureux, mais aujourd'hui Ce même amour le pousse à vouloir plus encore : Il rêve d'être un capitaine ardent et fier.
Désirs d'amour, désirs de gloire — même chose I
DON JUAN
Sire, puisqu'en vos mains son avenir repose, Puisqu'il demande encor ce qu'il demandait hier, Puisqu'il ne fait qu'un vœu...
J'entends. Mais le gouvernement de Flandre est promis au duc d'Albe. Ma parole est donnée.
DON JDAM
Tout s'arrange ou se dérange selon Totre sagesse.