‹ Philippe le BelChapitre 10 sur 242 · PRÉFACE XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XVII

ils pouvaient disposer. J'ai donc apprécié les faits comme on les appréciait à Tépoque même dont j'ai cherché à peindre le caractère général : j'ai dit qu'à cette époque, où les questions de religion et de foi occupaient le premier rang, la juridiction inquisitoriale avait sa raison d'être, et je m'étonne que cela ait su£B à M. le rapporteur pour aller jusqu'à dire que j'avais c un parti pris en faveur de l'inquisition, t

Dans une autre phrase du même chapitre, rappelant une scène où l'archevêque d'Alby, attaqué par la populace, après avoir déployé un zèle excessif contre les hérétiques, avait montré beaucoup de calme, j'ai en la témérité de trouver quelque grandeur dans ce calme d'un prélat exposé à être massacré. Une telle audace de la part d'un humble concurrent a été l'objet d'un reproche sévère de M. le rapporteur qui, de ce ton quelque peu solennel et pédagogique qui convient à un arrêt souverain , l'a condamnée en ces termes : c la section d'histoire générale et philosophique ne saurait partager cette admiration. > A cela je réponds simplement que j'ai reproduit l'épisode qui a tant froissé M. le rapporteur, d'après un ouvrage pour lequel l'Académie des inscriptions et belles-lettres s'est montrée moins sévère que l'a été pour le mien f la section d'histoire générale et philosophique, • puisqu'elle l'a couronné : je veux parler de l'ouvrage de M. Boularic qui, après avoir cité la même scène, la caractérise ainsi : « cette scène dramatique ferait le sujet d'un beau tableau. » Je demande maintenant si c'est par un sentiment de juste sévérité ou avec un

parti pris de malveillance systématique, que cette partie de mon travail a été aussi sévèrement jugée par M. le rapporteur.

Il en est de même de la partie relative à la féodalité, que j'ai jugé convenable de faire servir d'introduction à l'appréciation du règne de Philippe le Bel, et qui m'a été inspirée par l'éloquente exposition du régime féodal, faite par M. Guizot dans son Histoire de la civilisation en France. Si donc, comme je l'ai lu dans le rapport de 1868, je parais t présenter plutôt la théorie que l'histoire de la féodalité, ce qui devait être, plutôt que ce qui était réellement, > c'est appuyé sur une autorité incontestablement illustre que j'ai ainsi montré les diverses phases du régime féodal sous l'aspect qui m'a semblé le plus saisissant.

Je ne puis non plus laisser passer sans défense un reproche plus sévère encore, relatif au tableau que j'ai cru devoir présenter des progrès intellectuels des temps féodaux. M. le rapporteur s'est étonné et semble croire que chacun s'étonnera comme lui, que j'aie mis au compte des avantages de l'époque qui a précédé celle de Saint-Louis et de Philippe le Bel, t la prospérité des savantes écoles où enseignaient les plus grands docteurs. » Je ne veux pas ici faire l'histoire des premiers temps de cet enseignement universitaire que M. le rapporteur connaît certainement beaucoup mieux que moi. Mais il oubliait sans doute, au moment où il a écrit son rapport, que, dès le douzième siècle, époque de l'apogée du régime féodal, il y avait à Paris trois écoles, suivies par une telle aflluence

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