PRÉFACE XV
public, l'affermissement de toat pouvoir, la légitimité de toat commandement et la dignité de toute obéis> saoce, par l'élévation des princes au rang de délégués de Dieu. Pourquoi donc cette division entre les membres d'une même famille, entre les enfants d'un même père? Pourquoi un catholicisme spécial pour la France , quand tous les autres pays du monde, excepté ceux qui se sont séparés de l'Église, ne connaissent que le catholicisme romain? Hélas i ceux qui encouragent encore aujourd'hui cette déplorable erreur savent-ils bien ce qu'ils font, et ne s'aperçoivent-ils pas qu'une telle division, en matière religieuse, n'offre qu'un pas à faire pour arriver au schisme, et priver l'Église de ce qui fait sa force, c'est-à-dire de son admirable unité? Cette unité de l'Église il faut la conserver intacte, telle qu'elle a été établie par son divin fondateur, telle qu'elle a été maintenue, dans la suite des siècles, par les plus puissants génies, telle qu'elle a été préchée par l'immortel Bossuet lui-même, la veille du jour, à jamais néfaste^ où, par une incompréhensible contradiction, il a prêté son concours à cette Déclaration de 1682, qui résume en quatre articles le Gallicanisme tout entier ^
Ces principes, qui dominent, je n'en disconviens pas, l'appréciation que j'ai faite des démêlés de Philippe IV avec Boniface VIII, ont déplu, je le sais, à
' Voir, sur la valeur de ces quatre articles, Texcellent ouvrage récemment publié par M. Charles Gérin, sous le titre de Hecherches sur l'assemblée de 1682 (in-8o; Lecoffre, éditeur).
quelques-uns des membres de l'Académie et à M. le rapporteur en particulier. Ils ne pouvaient plaire, en effet, à celui qui, dans son rapport à la commission, a considéré comme un des nombreux mérites du mémoire qui a remporté le prix, d'avoir présenté Philippe le Bel comme c le fondateur des libertés de Téglise gallicane. » Cette impression se manifeste dans un grand nombre de passages de ce rapport, dont je ne veux relever ici que ceux qui m ont paru le plus susceptibles de réfutation.
A propos de l'Inquisition, par exemple, M. le rapporteur a trouvé, dans une ou deux phrases du chapitre dans lequel j'ai traité cet important sujet, l'occasion de m'accuser très-sérieusement d'être partisan déclaré de cette juridiction impitoyable qui a compté tant de victimes parmi les hérétiques et les mécréans. Or, dans une de ces phrases, j'ai simplement fait l'éloge derOrdredesfrèresdeSaint-Dominique,et de l'illustre orateur qui l'a fait revivre de nos jours. J'ai, en même temps, parlé du courage dont faisaient preuve ceux qui acceptaient les fonctions terribles de grands inquisiteurs, en affrontant, pour remplir un devoir, la haine et la vengeance dont ils étaient à chaque instant menacés. Et, quand je dis t pour remplir un devoir, » je me reporte aux treizième et quatorzième siècles, où c'était, en effet, un devoir de poursuivre à outrance tous ceux qui professaient publiquement des doctrines hostiles au catholicisme, puisque nos rois eux-mêmes prêtaient serment, lors de leur sacre, d'arrêter la marche des hérésies par tous les moyens dont