‹ Philippe le BelChapitre 11 sur 242 · PRÉFACE XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIX

d'aaditears, qu'on fut obligé démultiplier les moyens disciplinaires pour y établir un peu d'ordre, et dont les maîtres avaient déjà une tell&aulorité scientifique, que leur assemblée partageait avec le chancelier de Notre- Dame le droit de conférer les grades nécessaires pour pouvoir enseigner. Quant aux docteurs, je ne prétends pas établir entre eux et nos docteurs modernes, voir même nos académiciens de 1868, la moindre comparaison ; mais il me semble que les noms de quelquesuns d'entre eux sont restés assez célèbres pour que personne, même à la section d'histoire générale et philosophique, n'ait pu les oublier. Je ne parle pas d'Albert le Grand, que ses contemporains appelaient : Magnus in Magid, major in Philosophid, maximus in Theologiâ^ et qui compta parmi ses élèves, en philosophie et théologie, saint Thomas d'Aquin, qui a laissé, je crois, quelque réputation. On me répondrait que ce grand docteur vivait en plein treizième siècle, à l'époque où les institutions féodales n'étaient plus intactes. Mais à une époque antérieure, à la fin du onzième siècle et au commencement du douzième, vivait et professait Abeilard, allant dès l'âge de seize ans, d'écoles en écoles, défiant et battant élèves et maîtres, etse mêlant, avec toute l'ardeur philosophique de cette époque, à cette grande querelle des Réaiix et des Nominaux^ qui alimentait et passionnait les esprits. Le nom d' Abeilard rappelle à tout le monde celui de son maître, Guillaume de Champeaux, l'un des champions les plus brillants du Réalisme^ l'un des professeurs les plus suivis des cloîtres Notre-Dame et Saint-

Victor, l'un des plus savânls docteurs, assurément, de cette époque féodale dont M. le rapporteur s*étonne que j*aie pu vanter les progrès intellectuels. Je devais cette réponse à une critique aussi peu fondée , et je m*étonne à mon tour que le rapport, si complet et si savant, fait à la section d'histoire, m'en ait fourni l'occasion.

Un autre des grands reproches qui m*ont été adressés est relatif à certaines peintures d'imagination, à certaines appréciations de fantaisie dont j'aurais trop facilement émaillé mon travail ; et l'une de ces peintures serait celle que j'ai faite de la personne même de Philippe IV. Je réponds ici par un des portraits de ce roi, qui se trouve dans les historiens contemporains, et qu'a cité M. le rapporteur lui-même : « Fuit autem « iste Philippus rex corpore membrorum que eleganti f dispositione et gratd facie decorus^ ut verè species ejus f imperio digna esset. » Un autre auteur dit « qu'il « avait un regard que nul homme ne pouvait soutenir, « et une force telle, que deux chevaliers, placés à ses f côtés, pliaient jusqu'à terre sous la pression de ses ( mains. » Qu'on lise maintenant le portrait que j'ai tracé de Philippe le Bel, au début du livre La Royauté, et qu'on me dise si je n'ai pas, au contraire, suivi presque trait pour trait la peinture que les historiens les plus autorisés ont donnée du petit-fils de saint Louis.

M. le rapporteur me fait un reproche plus grave, en ce qu'il touche à une assertion qui porterait réellement atteinte à la vérité historique. Ce reproche est

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