‹ Philippe le BelChapitre 12 sur 242 · PREFACE XXI · texte numérisé non relu

PREFACE XXI

relatif à ce que je dis de la Chambre des comptes^ et se fonnule ainsi dans le rapport : • La Chambre des c comptes n'était pas encore, en ce temps, un corps c séparé du Parlement ; c'en était un membre, et ses c arrêts étaient rendus au nom de la Cour. (Paroes- < sus. Organisation judiciaire, p. 211-215.) • Je n'ai pas dit qu'à l'époque à laquelle il est fait allusion, la Chambre des comptes fût un corps séparé du Parlement. J'ai dit seulement que c'en était une division ou une section^ si on le préfère, comme, de nos jours, une même compagnie, l'Institut par exemple, tout en ne faisant qu'un même corps, est divisé en plusieurs académies, lesquelles sont elles-mêmes subdivisées en plusieurs sections. C'est d'ailleurs une question assez controversée que de savoir à quelle époque laChambre des comptes fut établie à Paris et devint sédentaire. Selon Pasquier, il ne faut « pas doubler que ce fust f soubs Philippe le Bel, et quelques années avant la t resséance du Parlement. » Or l'autorité de Pasquier, en pareille matière, me paraît pouvoir être avantageusement opposée à celle de M. Pardessus.

Relèverai-je, pour y répondre, le passage du rapport où je suis accusé d'avoir terminé mon chapitre de V Administration générale de Philippe le Bel, « par la glorification du despotisme ? » J'hésite à le faire, et je suis tenté de me borner à dire à M. le rapporteur : relisez-moi une fois de plus, et jugez si telle a pu être la véritable intention de celui qui, au contraire, a trouvé des formules d'éloges pour chacun des actes d'émancipation qu'il a rencontrés dans son récit, et au

sujet duquel Thonorable président de la séance publique de l'Académie s*est exprimé ainsi dans son compte-rendu des concours : « l'âme loyale de l'auteur déteste les abus du despotisme et se passionne pour la grandeur nationale *. »

Le despotisme, je l'ai présenté, sans doute, comme un des moyens nécessaires, aux treizième et quatorzième siècles, pour fonder cette grande œuvre de Tunité française, qui fait encore, de nos jours, notre admiration en même temps que notre gloire. Mais il me semble qu'entre une pareille affirmation et la glorification de toute mesure despotique, à quelque temps qu'elle appartienne et pour quelque but qu'on l'emploie, il y a un abîme que M. le rapporteur n'a évidemment pas aperçu. Et pourtant je crois avoir été suffisamment clair dans l'expression de ma pensée : ce n'est pas le moyen, c'est le résultat que j'ai prétendu glorifier. Quant au despotisme en lui-même, non je ne l'aime pas ; et quand il me faudra choisir entre lui et la liberté, mon choix ne sera pas douteux. Seulement, si j'aime la liberté, j'avoue que je ne l'aime pas sans restriction ni sans limites. J'aime la liberté du bien, sous toutes ses formes et dans son application la plus étendue, la liberté de la propagation des salutaires doctrines, des principes de morale et de religion, des œuvres de foi et de charité, par la presse,. la parole et l'association. Mais je n'aime pas la liberté du mal, sous tous ses aspects et avec ses

* M. Rbnouard.

Page 1