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LES ETATS GENERAUX

Les États généraux furent convoqués pour la première fois solennellement à Toccasion des luttes de Philippe le Bel avec la papauté. Ce fut à Notre-Dame de Paris que se tint cette grande assenxblée, le 10 avril 1302. Le roi voulut y assister en personne au milieu des barons, des prélats du royaume et députés des bonnes villes. L'adjonction de ces derniers aux deux premiers ordres des états étaient pour eux un fait entièrement nouveau. Par cet acte, que Ton a justement considéré comme un grand acte politique, la bourgeoisie recevait sa consécration définitive et entrait de plain pied dans le maniement des affaires publiques. Le tiers-état devenait désormais un être collectif, ayant place dans les grandes assemblées nationales, pouvant presque traiter de puissance à puissance avec les pouvoirs souverains, et constituant, en tout cas, un des instruments principaux de la souveraineté.

Bien avant cette grande réunion de 1302, les députés des villes avaient été consultés sur certaines questions administratives ou financières. Plus d'une fois, ils avaient siégé dans les conseils du roi ou des

grands vassaux : que ce fût pour leur témoigner de la confiance et de la sympathie, ou que ce fût pour s'assurer de leur concours dans quelques occasions pressantes, il est certain qu'on avait recours à eux, surtout depuis leur grande émancipation.

Dès la fin du douzième siècle, en 1190, Philippe- Auguste, partant pour la croisade, avait déterminé la part que devait avoir la bourgeoisie dans Tadministration des communes. Pendant son absence, les baillis devaient choisir dans chaque prévôté, et comme chargés de ses pouvoirs, quatre hommes sages, loyaux et de bonne renommée, sans Tavis desquels aucune affaire ne pouvait se traiter ^. A Paris, ces députés municipaux devaient être au nombre de six. Tous les quatre mois, la reine et Tarchevéque de Reims devaient se tenir prêts à entendre les réclamations qui leur seraient faites par les délégués des communes, touchant les besoins de leurs localités, et s'empresser de faire droit à celles qui leur paraîtraient justes et fondées.

Dans le siècle suivant, la reine Blanche, en 1227, saint Louis, en 1240, 1241, 1245, 1256, 1269, Philippe le Hardi, en 1271, avaient réuni autour d'eux des pairs, des barons, de prélats et des gens des bonnes villes, auxquels ils avaient eu recours dans quelques circonstances exceptionnelles. Le recueil des ordonnances contient quelques documents, desquels il résulte que, de temps en temps, les rois se faisaient assister de clercs et de prud'hommes, dont ils sollicitaient le conseil avant de prendre une décision. L'ordonnance de 1262, notamment, relative aux monnaies,

• Ord., 1. 1, p. 118.

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