LIVRE QUATRIÈME. CHAPITRE UI
excuse pouvait être admise, ceiie de maladie ou d'impossibilité absolue.
Ce fut donc une véritable assemblée générale, que celle qui eut lieu en 1308, à Tours, où se réunirent en personne les nobles et les prélats, et, par procuration de leurs villes ou communautés, les membres du troisième ordre. Chacun s'empressa de se rendre à l'appel du roi : cet appel avait été fait par lettres adressées directement aux évéques et aux barons, et, par l'intermédiaire des baillis ou sénéchaux, aux communes de leurs circonscriptions. Celles-ci étaient entièrement libres d'envoyer aux états qui bon leur semblerait; il n'était nullement nécessaire d'avoir une dignité quelconque pour aspirer à les représenter; la seule condition exigée était d'être bourgeois. On a cru que les magistrats municipaux étaient seuls aptes à recevoir une procuration de leurs administrés : cette croyance n'avait d'autre fondement que le fait môme, presque constant, de la délégation de ces magistrats, plus en évidence que les autres, et naturellement désignés les premiers aux suffrages des électeurs. Il est certain que tout bourgeois avait droit à être délégué de sa commune; les procurations qui ont été conservées ne laissent aucun doute sur ce point. Bien plus, on vit des membres du clergé séculier, des curés et des clercs de tout ordre, délégués par leurs communes, sur lesquelles leur influence s'exerçait toujoure pi us. directement. D'ailleurs, Philippe le Bel faisait de la poursuite des Templiers une affaire de religion, pour laquelle il lui fallait, disait-il, des hommes d'une foi ardente, et l'on était persuadé qu'une délégation donnée à des ecclésiastiques répondrait dignement à ses intentions.
En dehors de cette délégation spéciale et tout à fait exceptionnelle, les membres da clergé sécalier ne paraissent pas avoir été régulièrement convoqaès aux États généraux. Lieur présence était trop nécessaire, à chaque instant du jour, dans leurs paroisses respectives, pour qu'il fût possible de les contraindre à s'absenter, même pour peu de temps. Seulement, les communes étaient libres de se faire représenter par eux si cela leur convenait. Le clergé ne figurait donc réellement aux états généraux que par les prélats, les chanoines et les chefs de communautés. Les délégués du tiers-état, qui, n'étant pas feudataires, ne comparaissaient que par procuration des communes, recevaient une indemnité pour leurs frais de déplacement et de séjour. Les communes préféraient encore le paiement de cette indemnité au danger de se voir saisies dans leurs biens si elles négligeaient de se faire représenter aux états. Nous avons fait connaître les principaux incidents de cette seconde assemblée des états généraux lorsque nous avons raconté le triste épisode des Templiers. Nous n'avons par conséquent pas à entrer dans d'autres détails sur ce point. Toutefois nous rappellerons que l'influence de Philippe le Bel était telle sur tout son royaume, qu'un mot de lui suffisait pour entraîner immédiatement un acte de soumission, et que lés procurations délivrées par les communes à leurs mandataires donnaient textuellement à ces derniers plein pouvoir f pour entendre, « recevoir, approuver et faire tout ce qu'il leur seroit « commandé par le roy. »
Nous n'entrerons de même dans aucun détail sur une troisième convocation d'États généraux qui eut lieu à Paris, en 1314, le l®'' août, au palais de la Cité.