‹ Philippe le BelChapitre 178 sur 242 · LIVRE QUATRIÈME. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. CHAPITRE IV

successives : les habitants nommaient un certain nombre d'entre eux, puis ceux qui avaient eu l'honneur de ce premier scrutin choisissaient dans leur sein ceux qui devaient définitivement rester administrateurs. C'était ce que nous appellerions de nos jours une élection à deux degrés par le suffrage universel.

Dans d'autres pays, administrés par des consuls, ces magistrats étaient élus par le viguier ou le bayle royal, sur une liste de présentation dressée par les magistrats sortants^ en présence d'un officier du roi. Ce mode de nomination était encore un moyen de centraliser les communes et de les placer sous la tutelle du pouvoir souverain. On leur laissait un semblant d'indépendance et de liberté en les faisant administrer par des magistrats choisis dans leur sein. On leur procurait même la douce illusion de croire qu'elles avaient agi librement dans l'exercice de leur droit de suffrage. Mais le résultat de toute cette politique était d'investir le roi et ses officiers les plus dévoués d'un droit de contrôle incessant sur l'administration communale, et de convertir les magistrats municipaux en véritables agents de la royauté.

Page 1