CHAPITRE II
Après la mort de Philippe IV, la réaction contre rabsolutisme de son gouvernement devint encore plus vive et plus énergique, soit de la part de la noblesse, soit de celle du clergé et de la bourgeoisie. Tant qu'il avait vécu, la terreur seule de la répression que Ion aurait encourue avait suffi pour contenir tous les mécontents. Mais cette contrainte et cette compression entretenait au fond des cœurs une haine et un besoin de vengeance, qui n'attendaient pour éclater qu'un moment favorable. Sans doute, Philippe le Bel n'était pas l'auteur unique de toutes les déchéances dont se plaignait principalement la noblesse; sans doute, il n'avait fait que continuer l'œuvre monarchique, entreprise par ses prédécesseurs; mais Philippe- Auguste et surtout saint Louis, qui ont, il faut bien le dire, porté les premiers coups au régime féodal, s'étaient introduits dans la place, à l'insu de l'ennemi luimême, et avaient peu à peu miné l'édifice que d'autres devaient plus tard définitivement renverser. En vain les officiers ro^^aux se multipliaient et s'installaient dans les fiefs, s'emparaient des justices seigneuriales, contrôlaient les actes des seigneurs : toutes ces ma-