‹ Philippe le BelChapitre 240 sur 242 · LIVRE SIXIÈME. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. CHAPITRE

à-vis de son suzerain n'avait pas été trahie; parconsé- '^ quent, sous la féodalité des premiers capétiens, le roi son suzerain n'aurait eu rien à reprendre à sa conduite, puisque, souverain dans son fief, et ne relevant que de Dieu pour les crimes qui ne portaient pas atteinte à l'honneur féodal , de Dieu seul il aurait été justiciable, à Dieu seul il aurait dû compte de sa conduite.

Mais la royauté avait changé tout cela : la monarchie d'Hugues Capet était devenue la monarchie de Philippe-Auguste, de saint Louis et de Philippe le Bel, et le sceptre royal, en abaissant l'orgueil nobiliaire et en sévissant contre l'oppression aristocratique, avait fait profiter les masses roturières de ce dont leurs nobles oppresseurs avaient été successivement dépouillés. Louis le Hutin avait été forcé de céder un instant aux protestations d'une noblesse contre laquelle Philippe le Bel avait épuisé toutes les ressources de son despotisme. Mais Philippe V et Charles IV, ses deux frères, reprirent peu à peu la chaîne des traditions paternelles, par des exemples de justice et de sévérité, l'un en faisant pendre un prévôt royal de Paris, Henri Caperel, qui avait sciemment fait mettre à mort un pauvre homme innocent à la place d'un riche coupable, l'autre en infligeant la même peine à un grand seigneur du Languedoc, qui s'était cru permis de commettre tous les crimes , parce qu'il était neveu du pape et qu'il n'avait pas manqué de fidélité à son suzerain.

Charles IV eut même à cœur de suivre les errements de son père, jusqu'à imiter quelques-uns de ses excès. C'est ainsi que, pour se procurer des fonds, il n'hésita pas à recourir à cette ressource dé.loyale

de Taltératioa des monnaies, dont Philippe le Bel, quelques années auparavant, avait fait un si fréquent et si désastreux usage. Il voulut aussi avoir une lutte plus ou moins vive avec le pape, sans avoir toutefois la prétention d'élever cette lutte aux proportions de celle qu'avait eue son père avec Boniface YIII ou Clément V.

En 1326, les Guelfes et les partisans du pape Jean XXII, éprouvèrent contre leurs ennemis les Gibelins et les hommes du roi des Romains, Louis de Bavière, des revers tels, que le pape, appauvri par cette défaite et par les nombreux envois d'argent que la guerre avait nécessités, fut obligé de s'adresser aux églises et au clergé de France pour obtenir un subside.

Charles le Bel crnt devoir s'interposer, déclarer que ce subside était contraire aux bonnes coutumes, et enfin refuser tout secours. Le pape insista et fit des promesses pour l'avenir; le roi se laissa toucher, mais à condition qu'il bénéficierait de sa condescendance. C'est ce qui arriva : le roi accorda au pape une année de revenu sur chacun des bénéficiaires ecclésiastiques, et en retour, le pape octroya au roi deux années de la dlme sur le clergé.

C'est à cette époque, en l'année 1327, que remontent l'érection, en duché-pairie, de la baronnie de Bourbon, et l'origine de ce titre que nos rois ont, jusqu'à ces derniers temps, si glorieusement porté. Charles le Bel força pour cela Louis I®', fils aîné de Robert, sixième fils de saint Louis, à renoncer au titre de comte de Clermont qu'il tenait de son père, et à prendre le nom de la mère de sa femme, Agnès de Bourbon.

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