‹ Philippe le BelChapitre 33 sur 242 · LIVRE PREMIER. CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. CHAPITRE

des conditions vexatoires. Le corps entier du peuple fut réduit à un état de quasi-servitude; la liberté ne fut plus qu'un mot dans certaines situations ; dans la plupart, elle fut complètement inconnue. Les hauts barons, dont la protection était sollicitée par les habitants de leurs terres, n octroyaient cette prétendue faveur qu'au prix d'intolérables privations. Les droits naturels et inaliénables de l'espèce humaine étaient impitoyablement confisqués; les fruits du travail n'appartenaient plus à celui qui les avait arrosés de ses sueurs; le mariage était soumis au caprice du maître; la famille ne se constituaitqu'avec son agrément; le père ne pouvait même plus dicter ses volontés dernières sans les avoir soumises au contrôle du suzerain; tout devenait matière à injustice et à vexation, et ce n'est pas sans raison que M. Guizot a été entraîné à prononcer contre de tels abus cette condamnation sévère : t On peut remonter le cours de notre histoire et s'arrêter où l'on voudra; partout on trouvera le régime féodal considéré par la masse de la population comme un ennemi qu'il faut combattre et exterminer à tout prix. »

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