‹ Philippe le BelChapitre 34 sur 242 · DÉCADENCE DU RÉGIME FEODAL · texte numérisé non relu

DÉCADENCE DU RÉGIME FEODAL

Cet ennemi à combattre et à exterminer ne tarda pas, du reste, à rencontrer des adversaires d'autant plus puissants et redoutables, que, mêlés par la force des choses à toutes les phases de son existence, ils connaissaient mieux que personne chacun de ses vices, et mieux que personne pouvaient y remédier. Les vices du régime féodal, nous venons de les faire connaître, consistaient principalement dans Tusage habituel et surtout dans l'abus à peu près constant de la force, dans la prépondérance de l'individu sur l'association, dans l'exclusion de toute société régulière, dans l'oppression des villes par les hauts barons des campagnes, enfin dans l'absence de tout pouvoir régulateur et de toute garantie contre la tyrannie du plus fort. Les adversaires de chacun de ces vices étaient en germe dans l'organisation féodale, ou plutôt s'y étaient en quelque sorte incorporés, comme pour mieux lutter avec elle.

Tout, en effet, même les éléments les plus opposés à cette organisation, avait été forcé de se soumettre au régime du fief. L'Église s'était faite tout à la fois suzeraine et vassale par l'inféodation de ses bénéfices.

Page 1