PRÉFACE V
dans la mesure, sort fréquemment de Téquité. Il est partial pour TÉglise, et Texcès de faveur qu'il laisse voir pour elle, le conduit à un excès de rigueur contre Philippe le Bel.
« Enfin, ce défaut d'équité amène inévitablement à sa suite des contradictions, car, suivant le sujet qn'il traite et le point de vue dans lequel il se place, l'auteur dit quelquefois, dans une partie de son mémoire, le contraire de ce qu'il a soutenu dans une autre.
( En résumé, le mémoire numéro 1, dont la composition générale est bien ordonnée, dans lequel le sujet est traité d'une manière ample et forte, pèrhe par défaut de mesure et d'équité. Il est à désirer que l'auteur mette plus d'accord dans toutes ses vues et plus de vérité dans tous ses jugements, c Le mémoire inscrit sous le numéro 2, ayant pour épigraphe : « L'historien n'est pas un témoin c'est un juge, » est un travail considérable. Il a 186 pages in-folio. Le sujet y est sagement étudié dans une œuvre impartiale, mais moins bien ordonnée que celle de son concurrent. L'auteur ne s'est pas assez pénétré de l'esprit de l'époque dont il avait à exposer les institutions et à apprécier les changements. Il a trop transporté au treizième siècle et au quatorzième les idées et les dénominations de notre temps. La division de ce mémoire en deux parties, comprenant : Tune, les institutions politiques, judiciaires, militaires, financières, administratives de Philippe le Bel; l'autre, les actes de son gouver-
nement dans ses rapports avec l'Église, les pouvoirs locaux, etc. 9 serait bonne si elle était appliquée à notre époque, mais ne saurait convenir à des temps où la plus grande confusion régnait dans la distribution des pouvoirs et leur exercice, c Mais si Fauteur du mémoire numéro S est inférieur à son concurrent par la conception générale du sujet, il se montre plus exact que lui dans le détail. Il est aussi plus équitable dans ses jugements, qui penchent cependant un peu du côté laïque, sans tomber toutefois dans l'exagération. Enfin le mémoire numéro 2 est incomplet, et Fauteur convient lui-même que le temps lui a manqué pour indiquer les sources auxquelles il a puisé, et donner les autorités à l'appui de ses assertions, t L'Académie, après avoir pesé les mérites, sérieux d'ailleurs, de ces mémoires, a pensé qu'ils n'étaient pas suffisants pour que le prix fût décerné à l'un d'eux, et elle a ajourné le concours au 31 octobre 1867 *. »
Quels ont été les véritables motifs de cet ajournement? Je n'oserais le dire. Est-ce l'espoir de voir s'augmenter le nombre trop restreint des concurrents? Est-ce le désir de permettre à celui qui paraissait avoir le mieux satisfait aux conditions du programme, de mettre la dernière main à son œuvre encore imparfaite ? Est-ce le besoin de donner à celui dont l'œuvre n'était pas achevée, tout le temps nécessaire pour la
* M. GuizoT, rapporteur.