PRÉFACE XI
historien paisse reconnaître, m'a conscience et ma ex>\iviciioii.
Je me deiaaade maintenant si l'accomplissement de ce devoir, aa lieu de me faire trouver grâce auprès des juges du nouveau concours, n'a pas été, en grande \^artie, la cause ou le prétexte des rigueurs dont ils ont fait preuve à mon égard , malgré la < mention honorable » qu'ils ont bien ^oulu m'accorder, sans doute pour ne pas se mettre en contradiction trop flagrante avec leur appréciation primitive. La lecture attentive que j'ai faite du second rapport présenté à \a section d'histoire, m'a convaincu, dès les premières lignes, d'abord que le rapporteur n'était plus le même, ensuite qu'au lieu des sentiments de bienveillance qui s'étaient manifestés dans le rapport de 1865, je ne devais attendre, du rapport de 1868, que des jugements sévères. Je ne me plaindrais pas d'une telle sévérité, si elle n'eût été accompagnée de critiques injustes , d'observations inexactes , et quelquefois môme d'un ton de persifflage, qui ne m'a pas toujours paru digne de l'illustre auditoire auquel s'adressait le rapporteur. A ces critiques et à ces observations il me serait facile de répondre, si je n'avais la ferme conviction que le public en fera lui-même justice, après n'avoir lu avec impartialité. Je ne relèverai donc qae ce qui m'a paru manifestement inexact, ou ce qui touche d'une manière trop vive à quelques-unes de mes appréciations personnnelles.
Mais, avant tout, ce n'est pas sans surprise, je l'avoue, que j'ai lu le passage du nouveau rapport où
M. le rapporteur prétend qae le plan général de mon ouvrage a le • défaut d'amener très-souvent des < redites et de produire des inversions chronologiques • qui empêchent de saisir la raison des événements c et la liaison des causes avec les effets. > Le rapporteur de 1865 avait plus facilement saisi toutes ces choses, car il a résumé son impression sur la conception générale que j'ai faite du sujet, par ces mots significatifs : « C'est un travail complet et bien ordonné. »
Quant aux observations relatives à mes appréciations personnelles, peut-être auraient-elles dû ne pas trouver place dans un rapport de concours exclusivement historique.
Dans un tel concours, en effet, si le devoir des concurrents est de présenter, avec toute l'exactitude possible, la série des faits et des dates, leur droit est, en même temps, d'apprécier ces faits ou les personnages qui y ont pris part, avec l'indépendance qui seule donne à chaque production son caractère d'originalité. Tout événement, toute époque de l'histoire, présentent à l'historien, le plus souvent, des faces différentes auxquelles, selon ses sentiments, ses convictions, ses principes, il peut accorder plus ou moins de sympathie, plus ou moins de faveur. S'il place tel événement à sa date, s'il applique telle date à l'événement auquel elle se rapporte, s'il donne à tel personnage l'ensemble de caractère et de physionomie que la tradition lui attribue, il doit lui être permis de porter sur ces divers éléments de son récit les jugements que lui suggère sa conscience, et c'est aller, il me semble, au delà des