‹ Philippe le BelChapitre 86 sur 242 · LIVRE DEUXIÈME. CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. CHAPITRE V

de Valois vit appeler au trône que son frère convoi* lait pour lui le comte de Luxembourg qui, sous le nom d'Henri VU, reçut la couronne et la dignité d'empereur.

Philippe le Bel, loin de manifester son mécontentement, comprit qu'il était de son intérêt de se faire plutôt un allié qu'un ennemi du nouveau souverain. Non-seulement il s'empressa de le reconnaître, mais encore il lui adressa ses félicitations et finit par conclure avec lui un traité d'alliance aux termes duquel les deux contractants se promirent, à tout jamais, aide et protection. Au moyen de ce traité, il se rapprocha de plus en plus des divers princes de l'empire et leur accorda des pensions, en retour des services qu'il en attendait. Il eut soin, toutefois, de stipuler qu'en cas de manquement à leurs promesses de fidélité, il cesserait de remplir lui-même ses engagements et, par conséquent, de payer les pensions qui n'en étaient que le prix. Partout il se créa des alliés plus ou moins puissants, qui le mirent en mesure d'étendre' indéfiniment le cercle de son influence. Dans tout le nord de l'Europe, à Verdun, à Liège, à Metz, à Cologne, en Brabant, en Luxembourg, en Hainaut, en Hollande, et dans tous les environs, il eut des amis dévoués et 'fidèles dans les prélats, les ducs et autres chefs de de ces différentes provinces. Au midi, la Savoie et le Dauphiné lui furent soumis; Gonstantinople entra dans sa famille par le mariage de son frère Charles avec l'héritière de cet empire. Par le mariage de sa fille Isabelle avec Edouard II, roi d'Angleterre, il se fit de ce côté un allié considérable. Il fut l'ami du roi de Norwége et du roi d'Ecosse, Jean Baliol, qu'il aida à se maintenir sur son trône chancelant. Enfin, s'il ne

réussit pas toujours dans l'exécution de ses projets d'agrandissement territorial, ses tentatives, souvent heureuses, ont toutefois eu pour résultat de rendre son nom puissant dans toute l'Europe, de donner à ia France une prépondérance absolue sur les nations rivales, et de préparer à ses successeurs d'autres conquêtes et d'autres gloires dans l'avenir.

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