‹ Philippe le BelChapitre 96 sur 242 · LIVRE TROISIÈME. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. CHAPITRE I

, araître en personne à cette assemblée de prélats, de ^ \ octeurs et de supérieurs de communautés, ou bien . '^['/y faire représenter et défendre par quelque ambas- '^'^'ideur de son choix. Cette invitation était accompa- '^ . pée4e la bulle Ausculta fili^ dans laquelle était en- ^^f pre une fois proclamée la supériorité des papes sur ^^^|s rois, et dont le sens, au point de vue des préten- ^^" Ions du saint-siége sur le temporel, n'a pas toujours ^^^' ^|é l'objet d'une impartiale interprétation. ^^^\ Sans pouvoir affirmer que jamais Boniface VIII ou ^^J'^'|uelques-uns de ses successeurs n'aient eu le désir de ^"^ *unir sous le môme sceptre les deux pouvoirs, il est ^fj'îependant permis de croire que le rival de Philippe •^^leBel n'a pas songé à manifester ce désirdans la bulle "^^^iont il est ici question. Non-seulement il l'a déclaré '^' ^lui-môme dans le consistoire du mois de juillet 1302, ^^\xi disant : t II y a quarante ans que nous avons été ''^'"'^1 reçu docteur en droit... Qui donc peut croire qu'une '^^^ I telle fatuité soit entrée dans notre esprit*? » mais ^^ encore il a très-nettement expliqué sa pensée dans la ' ^''WUe Unam sanctam, qui suivit de quelques mois la '^^WUe Ausculta fili, et dans laquelle il est dit t qu'il y % deux glaives dans l'Église, le spirituel et le tempo- ^ rel; que le premier doit être manié par l'Église elle- ^^, ' éiiie, et le second par les princes, pour le service de J J ■ Église ». »

C'est ce qu'ont développé, dans le même sens, les ^' principaux théologiens, et, entre autres, le cardinal

rai

[fe ' DupUY, p. 76.

Q5 ^ Uterque ergà est in potestate Ecclesiœ spiritalis scilicet gladius •I et materialîs ; sed is quidem pro Ecclesiâ, ille verù ab Ecclesiâ exercendus.

d^Acqua-Sparla *, lorsqu'il a dit : c II y a deax jarîdictions, la spirituelle et la temporelle. Tune donnée par Dieu à saint Pierre, l'autre qui appartient à Tempereur et aux rois. Toutefois la juridiction spirituelle s'étend sur le temporel, car le pape a le droit de connaître de toutes les actions humaines en raison du péché. • • Le clergé, • disait, dans le concile de Bourges de 1276, un légat de Grégoire X, c a le droict de tout juger au civil et au criminel, parce qu'il n'est aucun délit qui ne soit en même temps un péché, aucun contrat qui ne puisse en devenir une occasion. • Selon Hugues de Saint-Victor, la puissance spirituelle juge tout et n'est jugée par personne. » Thomas Becket proclamait que les rois chrétiens doivent soumettre leurs résolutions aux chefs ecclésiastiques, et non leur commander; • et Jean de Salisbury, son ami et son auxiliaire, ajoutait : c Le prince reçoit le glaive temporel des mains de TEglise, car elle-même ne peut tenir le glaive du sang. Cependant elle le possède, et elle s'en sert par la main du prince à qui elle a accordé la puissance de punir les corps, se réservant l'autorité sur les esprits *. »

On pourrait dire encore que le spirituel est supérieur au temporel, comme l'âme est supérieure au corps, et tout concilier en ajoutant que, de même que le corps et l'âme sont unis sur la terre pour la vie commune, de même, dans le gouvernement de ce monde, le spirituel et le temporel, bien qu'exercés par

' Kbrvyn, p. 13.

2 F. BÉCHARD, Droit municipal, t. IV.

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