‹ Philippe-N. Pacaud [microforme]Chapitre 3 sur 5 · RATE · texte numérisé non relu

RATE

é \ if ik él

trompés. La chez eux en

ne qui marchait sur Napierville à la tête de sept où huit mille hommes, dut se replier sur Odelltown, et Jà accepter la bataille contre un ennemi cinq fois supérieur en nombre, et qui avait même de l'artillerie à sa disposition.

—Prenons leur Canon, cria Nelson ; c’est notre seule espérance,

Alors ces pauvres Paysans mal armés, mal commandés, réduits À une poignée de braves, firent des prodiges. Ils refoulérent les Anglais dans l'église, et pendant trois mortelles heures, ils se fi

groupe de héros dut succomber. Quelques-uns furent faits

prisonniers ; et le reste de ceux qui avaient échappé aux balles gagna ia forêt.

retournèrent rs chefs ; et

trois cents auvais fusils r John Collerville à la mes, dut se accepter la q fois supét même de

a Nelson :

mal armés, poignée de ‘efoulèrent dant trois cher pour non qu'il

quelques pris entre es venues de héros rent faits ai avaient

le

La lutte était finie, Elle fit place aux représailles qui furent sans pitié.

Comme on le sait, M. Pacaud n'était pas sorti de chez lui. Mais on ne lui tint aucun compte de cette abstention. Ses ennemis étaient déterminés à le faire payer pour ses faits et gestes de l’année précédente.

On vit arriver successivement à Saint- Hyacinthe un fort détachement des King Dragons, tout un bataillon des Gardes, et enfin six pièces d'artillerie ; comme s’il se fût agi d'une véritable campagne. Des enquêtes s’instituèrent sous la présidence du colonel Cathcart,__depuis tué en Crimée,—assisté de deux misérables Canadiens-français dont l’histoire ne doit pas même prononcer le nom ; et le pillage commença, ainsi que les arrestations.

Nous n'exagérons rien en disant le pillage. Toute cette soldatesque s’enivrait à qui mieux, partout où elle en trouvait

l'occasion, et alors tout lui appartenait.

Et ce qui semblerait incroyable, c’ la plupart des officiers toléraien reille conduite, I] ÿ avait bien derniers quelques nobles exceptions dans la personne de deux ou trois lieutenants ou sous-lieutenants qui faisaient tout en leur pouvoir pour ramener leurs camarades au sentiment de l'honneur et des convenances ; mais aux yeux du grand nombre, tout paraissait légitime contre les Maudits rebelles, même le vol et l’incendiat.

Un soir, le notaire Henri Lappare arrive chez M. Pacaud, dans un état de surrexcitation extraordinaire :

—Sauvez-moi, dit-il ÿ Comeau me cherche ; et s'il me trouve, je suis perdu !

—Calmez-vous, lui répond M. Pacaud j personne ne soupconnera qu'un rebelle att l'audace d'en cacher un autre. Prenons notre temps, et délibérons.

Il fallait faire disparaître le fugitif ; mais comment ?

appartenait, ble, c'est que ient une paen parmi ces eptions dans lieutenants ient tout en T8 Camarades t des convegrand nom- | Contre les ; l'incendiat.

Lappare arétat de sur-

u me cher-

perdu !

[. Pacaud :

rebelle att Prenons

e fugitif ;

La cachette de l’année précédente n’était plus un secret pour personne ; les rues étaient remplies de troupes ; et il y avait, malheureusement, un trop grand nombre de nos compatriotes en quête d’une occasion favorable pour donner des preuves de leur loyauté. Ce fut madame Pacaud qui vint résoudre la difficulté : et, cinq minutes après, le notaire, rasé de frais, et affublé d’un costume féminin complet à la mode du temps, quittait la maison au bras de son hôte, galant cavalier comme toujours.

M. Pacaud raconte lui-même cette aventure en termes plaisants :

‘ La transformation fut radicale, dit-il.

Non seulement mon compagnon eut l’extrême pudeur de rabattre son voile en mettant le pied sur la rue, mais encore,—avec l'inconstance naturelle au sexe dont il avait revêtu les insignes, —il me planta là au sortir du viliage, et, léger comme une véritable fille d’Eve, s’envola pour ne s’arrêter qu'en bas de Québec, où messieurs

les Anglais ne tentèrent pas d'aller lui

faire la cour.”

Mal en prit à M. Pacaud de ne pas avoir suivi son exemple. A son retour chez lui, un lieutenant des Gardes,—un honnête homme celui-là, —avec qui il avait lié connaissance quelques jours auparavant, lui annonça, —avec tous les ménagements possibles, il est vrai,— qu'il était chargé de la pénible mission de l'arrêter.

—Eh bien, soit! s'écria M. Pacaud ; J'aime autant en avoir le cœur net une fois pour toutes. Mais vous êtes gentilhomme, vous, et j'ai une faveur à vous demander :

c'est de m’accompagner jusqu’à la prison, pour me protéger autant que possible contre la canaille de Montréal, qui se fait un jeu de maltraiter les prisonniers.

—Je ferai tout en mon pouvoir pour vous être agréable, répondit le lieutenant 5 et la preuve, c’est que, d'ici à quelques jours, vous pouvez vous installer dans l'appartement de votre maison qui vous conviendra le mieux : vous serez mon prisonnier sur parole.

le pas avoir etour chez —un honui il avait TS auparaes ménagequ'il était le l’arrêter.

. Pacaud ; et une fois tilhomme, lemander :

la prison, sible conse fait un

voir pour eutenant ; quelques dans l’apous Conn prison-

—Mais en somme, demanda M. Pacaud, de quoi suis-je donc accusé ?

— Vous le demandez, cher monsieur !

Votre cas est très-grave :

Vous avez été capitaine d’une compagnie d’insurgés :

Haute trahison !

Vous avez arboré des insignes républicains sur le territoire de Sa Majesté :

Haute trahison !

Vous avez émis des assignats payables sur le trésor de la future fédération canadienne :

Haute trahison !

Vous avez personnellement et publiquement porté les armes contre la couronne britannique :

Haute trahison !

Tout dernièrement encore, vous avez pris part à une assemblée de conspirateurs réunis pour ourdir une insurrection nouvelle :

Haute trahison !

Vous avez importé d’un Etat voisin des armes et des munitions pour le service des rebelles, —on prétend en avoir vu en-

Lu D rm en Pr nn pi mg mn -

tte amer "7 "PP RIRNRe

om À ;

trer nuitamment des quantités considérables dans la cour de votre résidence :

Haute trahison !

Enfin, vous étiez l'organisateur du charivari qu’on a fait ici à Sir John Colboïne,

le représentant direct de la Souveraine :

Crime de lèse-majesté !

— Assez ! dit M. Pacaud ; diable ! quand même il n’y aurait de vrai que le quart de ce réquisitoire, il serait suffisant pour faire pendre haut et court la moitié du pays.

Décidément, mon affaire n’est pas claire ; ou plutôt elle ne l'est que trop.

Quelques jours plus tard, les prisonniers, au nombre de vingt-sept, quittaient Saint-Hyacinthe sous bonne escorte, en route pour Montréal. A Saint-Charles, le convoi se grossit encore. Et l'on allait à petites journées, emportant avec soi beaucoup de pitié pour les uns, beaucoup de malédictions pour les autres. Les habitants étaient exaspérés ; et ils en avaient

l'administrateur du pays, et par conséquent :

es id

tés considésidence :

eur du chain Colboïne,

conséquent :

uveraine :

ble ! quand le quart de t pour faire ié du pays.

pas claire ;

les prison- » Quittaient escorte, en -Charles, le on allait à C 801 beauaucoup de

Les habien avaient

PHILIPPE-N. PACAUD ai

le droit. Un trait démontrera le sans-gêne avec lequel les troupes anglaises traitaient la population sur leur passage,

Dans une des concessions de Varennes, le détachement s'arrêta devant une auberge, et l’un des officiers invita M. Pacaud à entrer se désaltérer avec lui. M. Pacaud accepta. La maîtresse de la maison était seule ; son mari avait pris la clef des champs. Elle leur servit deux verres d’eau-de-vie ; et M. Pacaud, voyant que l'officier se disposait à partir sans payer.

tira de sa poche quelque monnaie pour solder l’écot.

—Laissez donc, dit l'officier, c’est des bêtises, ça; ne sommes-nous pas en pays conquis ? :

—Comment! s'écria notre ami ; me croyez-vous assez coquin pour piller ainsi une pauvre femme sans protection !

L'officier eut honte, et paya.

Ils atteignirent Longueuil sur le soir, On allait parquer les prisonniers pour la

42 BIOGRAPHIF DR

nuit dans une misérable salle dont le plan-

é cher, couvert d'immondices, exhalait une Puanteur insupportable ; mais M. Pacaud 8 obtint, par l'entremise du brave lieutenant sl qui l'avait arrêté, que le convoi fût dirigé, p le soir même, sur ja prison de Montréal ls

On traversa le fleuve en horse-boat. v En s'embarquant, M. Pacaud faillit être L 7 la victime d’un accident fâcheux. Un s0]- le dat ivre trébucha de telle façon que sa tr baïonnette aurait infailliblement transper- be té notre ami, sans l'agilité de celui-ci qui, sa Par un bond rapide, réussit à éviter un vOUp qui pouvait être fatal, so ‘approche du bateau, la rive ge cou- ce vrit, comme par enchantement, d’une mul- d' titude de ces misérables dot l’'amusement favori était de la Or, de:

Nelson, Ro

nombre des

le dont le planexhalait une ais M. Pacaud ave lieutenant voi fût dirigé, de Montréal.

orse-boat.

ud faillit être eux, Un solfaçon que sa ent transpercelui-ci qui, à éviter un

, rive se çou- , d’une mull’amusement atriotes priqu'en met-

qui est de té du major e très-haute 18 les deux

étaient au mme la cat que l’un

était petit, tandis que l’autre mesurait près de six pieds, et que, du reste, il faisait déjà un peu sombre, M. Pacaud et Son Compagnon furent pris pour les deux patriotes anglais. Toute la rage des assaillants se dirigea alors contre eux. Ils devinrent le point de mire des projectiles,

trognons de pommes, les œufs pourris, les pierres mêmes pleuvaient ; et gi les troupes n'eussent chassé cette nuée de bandits à coups de crosse et de plat de sabres, Dieu sait ce qui en sereit résulté,

+ Pacaud qu’un acte de lâcheté choque souverainement, ne peut faire allusion à cette scène révoltante sans frémir encore d'indignation et de colère.

La porte de la prison se referma sur eux.

Hélas ! douze de ces malheureux n’en devaient sortir que pour monter sur l’échafaud ; et cent cinquante et un, pour aller languir pendant des mois à fond de cale, et pendant des années sous un climat

nn

meurtrier, loin de leurs familles, en proie à toutes les horreurs de la nostalgie et de la misère ! |

En nrison, les détenus étaient distribués un peu suivant les différentes classes de la société auxquelles ils appartenaient.

M. Pacaud fut conduit au second étage de l'aile sud-est, où étaient enfermés un grand nombre de jeunes Patriotes appartenant aux professions libérales ou au commerce,

se trouvaient les infortunés Chevalier de Lorimier, le Capitaine Robert, vieux soldat de Châteauguay ; le notaire Decoigne, Hindelang, et les deux premières victimes du sanglant dénoûment de ce drame, Cardinal et Duquet,—qui tous périrent sur l'échafaud,

La plupart dépassaient à peine vingt ans

Cette jeunesse ardente ne 8e faisait illusion sur le sort qui lui était réservé ; mais elle trouvait 4ens son exaltation patriotique et dans la sincérité de ses convictions, une source de gaieté et de bonne humeur qui fit toujours l'étonnement de ses geôliers et de g6s ennemis.

bent En En bs Obs 8 4 ..

Be

les, en proie stalgie et de

1t distribués > classes de partenaient, nd étage de és un grand +ppartenant commerce. Chevalier Jert, vieux s Decoigne, es victimes rame, Carrirent sur

ine vingt

faisait pas t réservé ; tation pa- ) 868$ COnté et de l'étonneennemis,

reil le plus solennel, on s'imaginà un

Elle vit se succéder les dates néfastes du 23 décembre, du 15 janvier et du 18 février ; le bourreau les décima lentement, presqu'un à un, comme à plaisir : ces hé.

roïques enfants courbaient le front un moment, mais pour le relev-r aussitôt plus

Page 1