I. PRENDRE LA MOUCHE
Prendre la mouche, c'est, comme chacun sait, « se fâcher, se piquer sans grande raison » (Littré). « Prendre la mouche, dit Génin, c'est en être piqué, comme prendre une maladie. » C'est un commencement d'explication, quoiqu'on ne voie pas bien ce que vient faire la maladie en cette affaire. Une explication tout à fait satisfaisante nous est fournie par une locution des bergers francscomtois : ils disent que leurs vaches « ont les mouches > quand, le soleil s'échauffant, les mouches se mettent à harceler leurs bêtes, qui se démènent, s'agitent, et s'enfuiraient de tous côtés, si on ne les faisait rentrer à l'étable. « Prendre la mouche >, c'est donc proprement ne point résister à l'excitation, à l'énervement que cause un léger ennui, comparé à une piqûre de mouche.