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298 LÉIUTION A r.AÏCS ^
J^'insensé se pénétra do cotte idée et finit par prendre pour des réalités les fictions des poètes. 11 s'enhardit au point d'oser produire en public cette impie divinisjation de sa personne; il s'appliqua à faire tout ce qui en était la conséquence logique, et à monter peu à peu, comme par degrés, de plus en plus haut. D'abord il affecta de se rendre semblable à ceux qu'on nomme demi-dieux, Bacchus, Hercule, lesDioscures*, Trophonius, Amphiaraiis, Amphiloque et les autres. Il se moqua de leurs oracles et de leurs fêtes, qu'il comparait à l'éclat de sa propre puissance. Puis, comme les acteurs sur la scène, il revêtit successivement les attributs de ces divinités. Tantôt c'était la massue et la peau du lion, mais toutes c[eux en or, qu'il prenait pour se déguiser en Hercule ; tantôt, pour représenter les Dioscures, il se coiffait du bonnet phrygien; tantôt il figurait Bacchus avec une couronne de lierre, un thyrse et la dépouille d'un faon.
Il s'arrogeait cependant une prérogative ; car cha-
diadème et les marques de la royauté. Mais, comme on l'avertit qu'il était trop au-dessus de tous les rois, il commença à prétendre aux donneurs divins. » ( fie de Caïus, xxii.) Philon ne charge pas le prince juif, son ami, de cette abominable flatterie : ce silence n'a rien qui doive nous étonner, il est digne de remarque qu'Agrippa, s'il fut un de ceux qui poussèrent l'Empereur à ces prétentions insensées, eut à en souffrir plus que personne. Nous verrons plus tard qu'il faillit perdre la vie et son trône dans la persécution infligée à la nation juive par l'immortel dont il avait prématurément accompli l'apothéose. * Castor et Poliux.