‹ Philon d'AlexandrieChapitre 3 sur 32 · X AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

X AVERTISSEMENT

En morale, il s'élève au-dessus du stoïcisme et n'est pas éloigné d'atteindre à la sublimité des Évangiles. Il mêle à la philosophie grecque un élément étranger et nouveau, le surnaturalisme mystique de l'Orient, il a trouvé pour louer Dieu, flétrir l'idolâtrie, célébrer la charité, les accents des saints Grégoire de Nazianze, des saint Basile, des saint Jean Bouche-d'Or; parfois il rappelle l'ampleur de Bossuet, et l'onction deFénelon. Et cela n'a rien qui doive étonner quand on saura qu'il a soutenu devant le paganisme la cause du dogme monothéiste un siècle avant les apologistes chrétiens, qu'il y a apporté la même conviction et le même enthousiasme que ceux-ci. L'honneur lui revient d'avoir ouvert la voie à deux des plus illustres docteurs, Clément d'Alexandrie et Origène, et de compter parmi ses imitateurs des Pères célèbres de l'Église d'Orient, Cyrille, Pantœnus, Héraclas.

Comment ce génie si élevé et si vaste, cette puissante personnalité dont les œuvres résument en quelque sorte le contact, la lutle et l'influence réciproque des deux principaux courants de la civilisation antique, comment ce grand écrivain, tour à tour historien, orateur, moraliste, homme d'État, si illustre dans son siècle, si célébré dans les siècles suivants, étudié de si près et avec tant de persistance par nos voisins d'outre- Rhin et d'outre-Manche, a-t-il eu la surprenante fortune de rester enseveli dans la poussière de nos ht-

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