‹ Philosophes contemporainsChapitre 22 sur 78 · PHÉNOMÈNE ET RÉALITÉ · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNE ET RÉALITÉ

conception que le travail intellectuel qui est appliqué à des objets plus élevés est pour ce motif même un travail supérieur. . . Aucune profession, aucune aspiration n'est un chemin privé qui mène à la divinité, et le chemin qui parla spéculation conduit au delà des vérités dernières n'est pas supérieur aux autres chemins. Il n'est pas de péché que la philosophie puisse moins justifier que l'orgueil de l'esprit, quelque porté que soit le philosophe à cet orgueil ».

Par ces déclarations Bradley nous fournit des données qui peuvent nous servir non seulement à caractériser son propre . personnage, mais aussi à comprendre ce qui est l'essence la plus intime de toute tendance philosophique qui travaille dans le grandcalme. Le besoin profond de comprendre et l'expérience perpétuelle des limites de la pensée, la tension absolue de l'énergie de la pensée et le sentiment perpétuel que ce n'est pas nous qui pensons, mais qu' « en nous se joue la pensée » (es in uns denkt), le dévouement intensif de tout l'être à la vie intellectuelle comme si elle était la seule vie qui eût du prix et l'expérience continuelle qu'en nous se meut aussi une autre tendance vitale qui réclame impérieusement une satisfaction, voilà tout ce qu'on peut déduire des paroles du penseur anglais. Ce sont là des paroles qui doivent être prises en considération en raison du caractère machinal que semble vouloir revêtir le travail scientifique en de nombreux domaines.

Après avoir considéré l'attitude générale de Bradley par rapport à la philosophie, j'arrive maintenant aux idées fondamentales de son chef-d'œuvre que je vais tâcher de mettre en lumière.

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