L'idéalisme dans la philosophie anglaise contemporaine
Si l'on considère l'esprit et la direction de la philosophie anglaise contemporaine, on ne peut manquer d'arriver à ce résultat que l'école classique anglaise, qui commence avec Locke et dont Spencer est le dernier représentant, a cessé d'exister. On peut dire qu'elle a rempli sa mission consistant à revendiquer les droits de l'expérience, à exiger que l'on pose tous les problèmes sur le terrain de l'expérience et à préparer les voies à l'effort pratique, réformateur. Elle commença chez Locke qui prend pour base l'expérience de l'individu et elle finit chez Spencer qui prend pour base l'expérience du genre humain. Ce qu'elle a établi définitivement s'est transmis à d'autres courants philosophiques et a contribué à les légitimer et à leur donner une forme ; ce n'est donc plus le caractère d'un courant particulier ^•. L'école anglaise avait d'autre part certains défauts qui se sont révélés plus clairement à mesure qu'entre elle et d'autres courants s'établissait une action réciproque. Dans ces défauts rentre la conception atomistique et mécaniste qu'elle emprunta à la physique pour la faire passer dans la science de l'esprit et qui la porta à considérer la vie psychique comme le produit d'éléments psychiques indépendants et la société comme la liaison extérieure d'individus autonomes. Par opposition à cette théorie, de nos jours, aussi bien à litre de réaction que sous l'influence de la pensée allemande, le problème de la totalité s'est plus fortement présenté. On s'est demandé ce que peut bien être l'enchaînement dernier des éléments, qu'il nous faut supposer pour que ces éléments forment une totalité. Sans doute il y avait eu déjà auparavant, au cours du xix" siècle, un mouvement marqué contre la philosophie « insulaire » ; c'est ce dont témoignent
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